Créations d’entreprise : Londres a gagné la bataille de l’opinion

La Grande-Bretagne veut devenir le pays du G8 qui taxe le moins les entreprises!

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La City Reuters

Les faits – Avec une hausse de 43 % des investissements en provenance de la France, l’an dernier, la Grande-Bretagne attire de plus en plus de Français, séduits par la fiscalité attractive mais surtout par le climat ambiant, résolument favorable à l’esprit d’entreprise.

« Nous sommes même devenus la première destination des touristes étrangers, devant Paris ! » Du haut de son large bureau vitré qui domine la Tour de Londres, de l’autre côté de la Tamise, David Slater ne boude pas le plaisir d’envoyer une petite pique « so british » aux « Frenchies ». Il peut se le permettre tant London and Partner, l’office public chargé de la promotion de la capitale britannique dont il est l’un des directeurs, affiche un bilan éclatant. Depuis 2003, Londres a attiré trois fois plus de quartiers généraux que n’importe quelle autre ville d’Europe. Un dynamisme qui s’est accéléré ces derniers mois avec le rebond du PIB britannique qui flirte désormais avec un rythme de 2 %. Certes, cette croissance est principalement entraînée par la finance et l’immobilier, et nombre d’économistes la jugent pour cela encore très fragile. Mais Londres ce n’est plus seulement la City, rappelle David Slater : « Nous recensons 35 000 entreprises de technologies employant 156 000 salariés qui ont enregistré 28 % de croissance en cinq ans ». Et d’enfoncer le clou. « On compte 32 incubateurs et accélérateurs – il en existe 38 dans toute l’Espagne – qui accueillent 1 000 startup dont une sur quatre réussira à la fin, un taux particulièrement élevé », assure-t-il.

A l’heure d’une compétition internationale de plus en plus féroce, le gouvernement de David Cameron n’a pas lésiné sur les moyens pour attirer les entrepreneurs. Une politique résolument pro business financée par la terrible cure d’austérité subie par l’Etat. « Notre taux d’imposition des entreprises qui est de 20 % aujourd’hui, baissera à 18 % en avril 2020 », explique Michael Boyd, directeur général de la branche investissement de UK Trade & Investement, l’organisme public chargé d’attirer des projets d’entreprise en Grande-Bretagne. « Notre objectif est simple, poursuit-il. Afficher la plus faible taxation des entreprises au sein du G8 ! ». La liste des avantages fiscaux en faveur des entrepreneurs donne effectivement le tournis. Investir dans une PME permet de réduire ses impôts à hauteur de 30 % des capitaux placés. Une déduction qui monte à 50 % lorsque l’argent est investi dans des startup. Le crédit d’impôt recherche de son côté est redoutable : pour 1 livre investie en recherche, une PME peut récupérer 2,25 livres de crédit d’impôt : « On reçoit plus qu’on ne dépense ! », ironise Michael Boyd. Les bénéfices tirés d’un brevet déposé Outre-Manche sont par ailleurs taxés à hauteur de 10 % maximum. 10 %, c’est aussi la taxation maximum des plus-values en cas de cession de son entreprise. Trois fois moins que de ce côté-ci de la Manche !

Londres ? Ce sont probablement les entrepreneurs français qui en parlent le mieux, tant ils s’y sentent choyés. Comme Alain Falys, un serial entrepreneur à succès dans l’industrie des paiements bancaires électroniques. Sa dernière aventure s’appelle YoYo, un système de paiement en caisse, via un code barre lisible sur le téléphone portable. L’avantage pour le client ? Une commission moins élevée qu’avec Visa et surtout la possibilité de cumuler efficacement des points de fidélité. « Vous pouvez dire à François Hollande qu’il existe une finance saine et responsable capable d’offrir du pouvoir d’achat aux jeunes », ironise Alain Falys. Londres, un choix assumé aussi par Fabrice Haiat, créateur de Ipelia qui vend aux marques grand public un réseau de clients-testeurs chargés de prendre des photographies des rayons, dans les grandes surfaces, pour montrer comment y sont agencés les produits. Paradoxal de démarrer par la Grande-Bretagne lorsque l’on connaît le poids des hypermarchés en France. « Nous viendrons dans l’hexagone, bien sûr, répond Fabrice Haiat, mais en terme de flexibilité de main d’oeuvre, la France est beaucoup trop contraignante pour des entreprises qui se lancent, c’est trop risqué d’embaucher ».

Et puis surtout, à Londres, on trouve facilement des capitaux, le nerf de la guerre. En témoigne l’exemple de Jean Dussetour, fondateur de Headoo, une société de « picture marketing » pour créer des animations sur des points de vente. Lui, il y est allé au culot en entrant un jour dans la salle de marché d’une grande banque d’investissement de la City et en faisant le tour, un par un, des trader sur leur desk pour récolter, à la fin de la journée, 500 000 euros !

Au total, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon UKTI, la France est restée en 2013 le plus important contributeur européen pour les investissements directs en Grande-Bretagne, avec une hausse de 43 % des nouveaux projets lancés l’an dernier. Derrière les discours, Londres, pourtant, n’est pas la ville rêvée et Paris qui compte presque plus d’incubateurs et des ingénieurs de grand talent ne devrait pas avoir à rougir tant que cela sur le papier. Mais les Anglais ont gagné la bataille principale: celle de l’opinion. « Business is Great », lit-on à chaque coin de rue, comme pour mieux marteler cet aspect pro entreprise. Tout n’est pas perdu pour autant. C’est Stuart Watson, un associé de E&Y, qui donne des motifs d’y croire : « Il y a trente ans, l’entrepreneur était considéré comme l’ennemi responsable de tous les maux de notre pays », rappelle-t-il. C’était avant le choc libéral des années Thatcher.

Par L’Opinion

Dominique IAKHLEF


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