Ces Français attirés par Londres!

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À Londres

Cent vingt mille Français sont enregistrés auprès du consulat français de Londres. Si les autorités en déduisent étrangement que trois fois plus résident au Royaume-Uni, alors qu’il serait étonnant que plus de 100.000 Français soient installés dans la capitale britannique, l’attrait de la ville pour ses voisins hexagonaux persiste. Un sentiment confirmé par la progression régulière du nombre d’inscrits au consulat depuis 1991 (à l’époque inférieur à 40.000), et ce même lorsque le pays a connu de sérieuses difficultés macroéconomiques entre 2008 et 2012.

Les raisons de leur exil se veulent aussi bien culturelles que professionnelles. Malgré un coût de la vie très élevé, ou peut-être en raison de ce coût élevé, vivre à Londres relève du mythe. «Je comprends d’après les dires de nombreux compatriotes que parvenir à vivre ici est synonyme de réussite économique et sociale, indique Cécile, Londonienne depuis quelques années. Londres est clairement perçue comme la New York européenne.» La prééminence internationale de la langue anglaise n’est évidemment pas étrangère à ce phénomène. Elle permet aussi à de nombreux couples mixtes, de nationalités et de langues différentes, de vivre en zone neutre. Londres se révèle donc être la Suisse des couples.

«Ici la motivation, l’enthousiasme et l’envie priment sur l’expérience»

Thibault Dufresne, directeur du centre Charles Péguy

Les autres motifs d’installation sont directement liés à l’emploi. Outre les salariés de l’industrie financière, de jeunes Français font leurs valises après s’être attaqués sans succès au marché du travail français. Entre septembre et novembre, nombreux sont ceux à débarquer un diplôme bac + 2 à bac + 4 en poche. À la recherche d’un petit boulot pour améliorer leur anglais, ils espèrent pouvoir ensuite postuler avec de meilleures chances dans une grande entreprise.

La deuxième catégorie concerne les peu ou pas qualifiés. «En France, la sélection se fait d’entrée sur les diplômes et le CV alors qu’ici la motivation, l’enthousiasme et l’envie priment sur l’expérience et compensent la faiblesse de l’anglais des candidats débutants», assure Thibault Dufresne, le directeur du centre Charles Péguy. Destiné à l’intégration professionnelle et sociale des francophones de plus de dix-huit ans, le centre aide chaque année près d’un millier d’entre eux à trouver un travail dans son réseau de cinq cents employeurs britanniques, principalement actifs dans l’hôtellerie, la restauration, la vente et l’administration. «Les employés qui font leurs preuves ont également des possibilités d’évolution beaucoup plus rapides qu’en France, la méritocratie est bien plus réelle,» fait remarquer le responsable.

La diversité des profils n’est pas un frein à l’emploi et à l’évolution professionnelle. «Les employeurs se fixent beaucoup moins qu’en France sur la couleur de peau des jeunes débutants, une heureuse surprise pour certains jeunes Français d’origine immigrée. Ici, pas de délit de faciès.» Après avoir acquis de l’expérience, la plupart d’entre eux repartiront pourtant en France, ou persisteront dans leur périple anglo-saxon et s’envoleront vers l’Australie, les États-Unis ou le Canada.

Dominique IAKHLEF


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