Ces entrepreneurs français qui choisissent Londres

Londres

La simplicité administrative et la flexibilité du marché britannique sont plébiscités par nos compatriotes. La France reste le premier investisseur direct européen du Royaume-Uni.

Avec ses dizaines de milliers de «Frenchies», Londres est une terre d’accueil appréciée. Les créateurs d’entreprise sont nombreux à s’y installer. La capitale britannique serait d’ailleurs en passe de devenir «la 6e ville française» avec une communauté de quelque 300.000 citoyens, selon des estimations officieuses.

Cette attractivité ne se tarit pas: en 2014-2015, la France reste le plus important contributeur européen pour les investissements directs en Grande-Bretagne, en hausse de 12 % par rapport à 2013-2014. Qu’ils soient diplômés ou pas, à la recherche d’un premier job ou créateurs de start-up, nos compatriotes vantent le pragmatisme et la simplicité du système anglais.

«Les employeurs britanniques ne sont pas confrontés, comme leurs homologues français, à la complexité chronophage du calcul des cotisations sociales», résume un sénateur venu avec une délégation parlementaire française pour tenter de comprendre cet engouement. Mais c’est surtout un certain état d’esprit qui plaît aux Français et qui se manifeste aussi bien dans les relations avec l’administration qu’entre employeurs et employés. Et cela, même si la création d’entreprises reste très élevée en France, soutenue par de nombreuses aides et le statut d’autoentrepreneur!

Par Marie-Cécile Renault Le Figaro

Dominique IAKHLEF


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Ces Français attirés par Londres!

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À Londres

Cent vingt mille Français sont enregistrés auprès du consulat français de Londres. Si les autorités en déduisent étrangement que trois fois plus résident au Royaume-Uni, alors qu’il serait étonnant que plus de 100.000 Français soient installés dans la capitale britannique, l’attrait de la ville pour ses voisins hexagonaux persiste. Un sentiment confirmé par la progression régulière du nombre d’inscrits au consulat depuis 1991 (à l’époque inférieur à 40.000), et ce même lorsque le pays a connu de sérieuses difficultés macroéconomiques entre 2008 et 2012.

Les raisons de leur exil se veulent aussi bien culturelles que professionnelles. Malgré un coût de la vie très élevé, ou peut-être en raison de ce coût élevé, vivre à Londres relève du mythe. «Je comprends d’après les dires de nombreux compatriotes que parvenir à vivre ici est synonyme de réussite économique et sociale, indique Cécile, Londonienne depuis quelques années. Londres est clairement perçue comme la New York européenne.» La prééminence internationale de la langue anglaise n’est évidemment pas étrangère à ce phénomène. Elle permet aussi à de nombreux couples mixtes, de nationalités et de langues différentes, de vivre en zone neutre. Londres se révèle donc être la Suisse des couples.

«Ici la motivation, l’enthousiasme et l’envie priment sur l’expérience»

Thibault Dufresne, directeur du centre Charles Péguy

Les autres motifs d’installation sont directement liés à l’emploi. Outre les salariés de l’industrie financière, de jeunes Français font leurs valises après s’être attaqués sans succès au marché du travail français. Entre septembre et novembre, nombreux sont ceux à débarquer un diplôme bac + 2 à bac + 4 en poche. À la recherche d’un petit boulot pour améliorer leur anglais, ils espèrent pouvoir ensuite postuler avec de meilleures chances dans une grande entreprise.

La deuxième catégorie concerne les peu ou pas qualifiés. «En France, la sélection se fait d’entrée sur les diplômes et le CV alors qu’ici la motivation, l’enthousiasme et l’envie priment sur l’expérience et compensent la faiblesse de l’anglais des candidats débutants», assure Thibault Dufresne, le directeur du centre Charles Péguy. Destiné à l’intégration professionnelle et sociale des francophones de plus de dix-huit ans, le centre aide chaque année près d’un millier d’entre eux à trouver un travail dans son réseau de cinq cents employeurs britanniques, principalement actifs dans l’hôtellerie, la restauration, la vente et l’administration. «Les employés qui font leurs preuves ont également des possibilités d’évolution beaucoup plus rapides qu’en France, la méritocratie est bien plus réelle,» fait remarquer le responsable.

La diversité des profils n’est pas un frein à l’emploi et à l’évolution professionnelle. «Les employeurs se fixent beaucoup moins qu’en France sur la couleur de peau des jeunes débutants, une heureuse surprise pour certains jeunes Français d’origine immigrée. Ici, pas de délit de faciès.» Après avoir acquis de l’expérience, la plupart d’entre eux repartiront pourtant en France, ou persisteront dans leur périple anglo-saxon et s’envoleront vers l’Australie, les États-Unis ou le Canada.

Dominique IAKHLEF


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Comment les Anglais attirent les entrepreneurs français

INFOGRAPHIE – Le pragmatisme et la flexibilité du marché britannique séduisent, année après année, des «Frenchies» découragés par les rigidités du système français. Alors même que la France fait la course en tête pour les créations d’entreprises en Europe.

L’herbe est toujours plus verte ailleurs, dit le proverbe. Elle semble bel et bien l’être outre-Manche, tant le Royaume-Uni continue de séduire, année après année, les «Frenchies» toujours plus nombreux à s’installer dans la capitale britannique. Londres serait d’ailleurs en passe de devenir «la 6e ville française» avec une communauté de quelque 300.000 citoyens. Parmi eux des diplômés de la finance aimantés par la City, des jeunes sans diplôme assurés de trouver un premier «job» dans un marché du plein emploi, mais aussi des jeunes «geeks» créateurs de start-up et des entrepreneurs séduits par le pragmatisme britannique. Et cela, même si la création d’entreprises reste très élevée en France, soutenue par de nombreuses aides et le statut d’autoentrepreneur!

«La France a d’excellentes écoles de commerce, avec des majeures entrepreneurs reconnues. Les jeunes créent leur start-up en France, mais après avoir fait le tour des “Friends, family and fools” pour financer leur démarrage, ils ont besoin de professionnels du financement. Or ceux-ci sont à Londres», explique Philippe Chalon, directeur général du Cercle d’Outre-Manche, un think-tank de dirigeants français opérant au Royaume-Uni, dont le but est de comparer et promouvoir les meilleures pratiques. «C’est le phénomène du “flip”: les business angels sont prêts à mettre de l’argent, mais ils demandent aux créateurs d’installer leur boîte à Londres», poursuit-il.

«Faible coût du travail»

Aucune statistique ne recense le nombre exact d’entrepreneurs au sein de cette communauté, mais selon l’agence gouvernementale britannique UK Trade & Investment (UKTI), la France reste en 2014-2015 le plus important contributeur européen pour les investissements directs en Grande-Bretagne, en hausse de 12 % par rapport à 2013-2014. Afin de comprendre pourquoi le Royaume-Uni séduit les entrepreneurs français, la délégation sénatoriale aux entreprises, composée de sénateurs de tous bords et présidée par Élisabeth Lamure sénateur (LR) du Rhône, s’est rendue à Londres où elle a rencontré une vingtaine d’entrepreneurs français installés outre-Manche.

Tous mettent en avant la simplicité du système anglais. «Les employeurs britanniques ne sont pas confrontés, comme leurs homologues français, à la complexité chronophage du calcul des cotisations sociales. S’y ajoute un faible coût du travail: le total des charges sur les salaires a été évalué à 22 % au Royaume-Uni, contre 60 % en France», explique Olivier Cadic, sénateur (UDI), brandissant une fiche de paie britannique qui tient en quelques lignes et un minidépliant qui résume à lui seul la fiscalité du Royaume-Uni. Le sénateur représentant des Français établis hors de France sait de quoi il parle: il a lui-même transféré le siège social de son entreprise à Ashford en 1996.

Simplicité et flexibilité

Les entrepreneurs plébiscitent aussi la simplicité administrative: la règle du «one in, one out» instaurée en 2011 et durcie en 2013 en «one in, two out» impose aux ministères d’évaluer financièrement toute nouvelle norme envisagée et de la compenser en allégeant le stock des normes existantes. Autre atout, selon eux: la flexibilité du marché du travail, qui concerne aussi bien le temps de travail, la période d’essai que le licenciement. «Il n’y a pas de Code du travail en Angleterre, les relations sont contractuelles, ce qui permet une très grande souplesse», explique Olivier Cadic.

Mais c’est surtout un certain état d’esprit qui plaît aux Français. Un état d’esprit fait de confiance dans la capacité des entreprises à se développer. Celui-ci se traduit par de nombreuses mesures incitatives, notamment fiscales, pour attirer les investisseurs. L’Enterprise Investment Scheme (EIS) permet ainsi une réduction d’impôt de 30 % du montant investi dans une entreprise, plafonnée à 300.000 £.

Les entrepreneurs français mettent aussi l’accent sur l’attitude positive «business oriented» de l’administration britannique, qu’ils disent leur apporter un vrai soutien, alors qu’ils affirment ressentir en France un sentiment de méfiance et de culpabilité a priori. Une relation de confiance qui se traduit aussi entre employeur et salarié, qui ont intérêt à s’entendre, mais où chacun sait qu’il peut aisément changer dans un contexte de plein emploi. C’est d’ailleurs ce que viennent chercher les nombreux Français en faisant le choix de s’installer définitivement au Royaume-Uni. Une démarche relevant aujourd’hui de plus en plus d’une logique d’immigration plutôt que d’expatriation.

Londres

Dominique IAKHLEF


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Royaume-Uni: Baisse du taux de l’impôt sur les sociétés à 19% en 2017 et 18% en 2020

Le chancelier de l’Echiquier a présenté un nouveau budget pour 2015 devant la chambre des Communes aujourd’hui.

Il s’agit du premier budget de la nouvelle législature après les élections du 7 mai.

George Osborne a déclaré que ce budget mettait la sécurité au premier plan et qu’il s’agissait « d’un grand budget pour un pays ayant de grandes ambitions », mettant notamment l’accent sur la réforme de l’éducation, du système social ainsi que sur l’investissement dans les infrastructures et la constitution d’un pôle économique fort au nord de l’Angleterre (‘Northern Powerhouse’).

Il a également déclaré :

La Grande-Bretagne dépense encore trop, emprunte trop et sa faible productivité montre que nous ne construisons pas assez, nous ne formons pas assez et nous n’investissons pas assez.

Le budget s’appuie sur le cadrage macro-économique actualisé de l’Office for Budget Responsibility (OBR) avec notamment :

  • des prévisions de croissance pratiquement inchangées pour 2015 et 2016 (2,4% et 2,3% respectivement) mais revues à la hausse entre 2017 et 2020 (2,4% au lieu de 2,3%)
  • une inflation maitrisée qui converge vers la cible de 2%: 0,1% en 2015, 1,1% en 2016 et 2% en 2020
  • un chômage qui poursuit sa décrue : 6,2% en 2014, 5,4% en 2015 et 5,1% en 2016
  • un déficit (au sens de Maastricht) qui poursuit sa baisse : 5,1% du PIB en 2014 puis 4% en 2015 avec un objectif d’équilibre des comptes publics à l’horizon 2019-20
  • la dette publique (au sens de Maastricht) sous les 80% du PIB à l’horizon 2019-20

George Osborne a annoncé des baisses de dépenses de 37 milliards de livres lors des cinq prochaines années dont 12 milliards proviendront du système social et 5 milliards de la lutte contre l’évasion fiscale et de la correction des déséquilibres du système fiscal. Le reste sera à la charge des ministères et les détails seront précisés lors de la Spending Review cet automne.

En matière de politique économique, George Osborne a notamment annoncé les mesures suivantes:

  • baisse du taux de l’impôt sur les sociétés à 19% en 2017 et 18% en 2020 (ce taux a été réduit de 28% à 20% entre 2010 et 2015)
  • le niveau du crédit d’impôt investissement sera fixé à 200.000 livres de façon permanente à partir de 2016
  • la taxe sur les bilans des banques sera progressivement abaissée (de 0,21% à 0,1%) lors des six prochaines années et son champ exclura les filiales à l’étranger à partir de 2021
  • création d’une taxe de 8% sur les bénéfices des banques en sus de l’impôt sur les sociétés en 2016
  • hausse du seuil d’imposition à l’impôt sur le revenu à 11.000 livres en avril 2016
  • suppression du statut de non-domicilié permanent en 2017: toute personne ayant résidé au Royaume-Uni pendant une durée de 15 ans lors des 20 dernières années sera considérée comme étant fiscalement domiciliée au Royaume-Uni
  • les crédits de la Défense seront sanctuarisés avec une hausse du budget de 0,5% en termes réels chaque année
  • l’habitation principale sera exclue du champ des droits de succession à partir de 2017
  • création d’une taxe d’apprentissage sur les grandes entreprises pour financer la formation de 3 millions d’apprentis d’ici à 2020
  • des prêts étudiants remboursables lorsque ceux-ci gagneront plus de 21.000 livres par an
  • la rémunération dans le secteur public augmentera de 1% par an entre 2016 et 2020
  • refonte du salaire minimal obligatoire, qui passera de 6,50 livres par heure aujourd’hui à neuf livres d’ici à 2020 pour les plus de 25 ans
  • amplification de la lutte contre l’évasion fiscale
  • plafonnement des diverses allocations à un maximum annuel de 23.000 livres par ménage vivant à Londres, contre 26.000 livres aujourd’hui. Cette somme sera ramenée à 20.000 livres en dehors de la capitale

    From:L’ambassade de Grande-Bretagne à Paris

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