L’appel de Londres reste d’actualité!

Les charmes concrets de la capitale britannique sont appréciés des Français: leurs achats d’immobilier soutiennent le marché à South Kensington.

london

Oxford Street. Les guirlandes ont déjà colonisé l’artère la plus commerçante de Londres à l’approche de Noël. De la marée humaine qui circule s’échappe un brouhaha d’anglais, d’arabe, de polonais, d’espagnol… Partout, on entend aussi la langue de Molière. Un automne ordinaire dans la vibrante Babel britannique, sixième ville française avec sa communauté de 300.000 Froggies?

Presque… L’intérêt des plus fortunés pour Londres est plus vif cette année. « En un an, les demandes d’acheteurs français ont bondi de 20% », observe Ed Mead, patron de l’agence immobilière Douglas & Gordon, à Chelsea. Non loin, au coeur de South Kensington, David Mumby, patron d’une autre agence, Knight Frank, affiche un large sourire. En dix mois, il a cédé 28 biens immobiliers vendus entre 3 et 12,5 millions d’euros. Et les achats des Français représentent « un tiers des transactions ».

L’invitation du Premier ministre David Cameron, prêt à dérouler « le tapis rouge » à ses voisins entrepreneurs d’outre-Manche, semble donc avoir été prise au mot. La capitale britannique, sans parler de fiscalité, a de nombreux atouts: proximité de Paris, qualité de l’immobilier, infrastructures, système éducatif, espaces verts, offre culturelle… « Les nouveaux arrivants ont entre 30 et 50 ans et des jobs de très haut niveau, avec une composante fortement mobile. Ils sont directeurs généraux ou membres du comité de direction de grandes entreprises », décrit David Mumby. « Le meilleur indicateur, c’est la liste d’attente du lycée français de Londres, qui n’a jamais été aussi longue malgré l’ouverture d’une annexe à Kentish Town », ajoute le chasseur de têtes Stéphane Rambosson, associé au sein du cabinet Veni Partners. Argument discutable: le déficit d’offre scolaire – 4.700 places au lycée français – est un phénomène ancien. Le proviseur, Bernard Vasseur, a précisé que son établissement avait « 492 demandes d’inscription ».

Nouvelle immigration

Les déménagements se font dans la plus grande discrétion et suscitent, là encore, des rumeurs. Info ou intox? L’un cite un PDG d’une grande compagnie d’assurances. Un autre, le patron d’une marque de luxe. Un troisième, le dirigeant d’un fonds de capital-risque…

Mais Londres n’attire pas que des financiers. « On récupère ici des gens qui viennent juste tenter leur chance », précise Stéphane Rambosson. Ces Français-là ne s’installent pas dans la « froggie valley » (South Kensington), mais à l’est de la ville, où les loyers sont bien plus bas. Près de Farringdon, par exemple. Dans Innovation Warehouse, un entrepôt reconverti en pépinière d’entreprises, deux jeunes Français, Zacharie Sabban et Jonathan Younes, développent Festicket, un site Internet dédié aux festivals de musique. « Londres offre d’excellentes conditions pour créer une entreprise, expliquent-ils. Les formalités prennent dix minutes, les embauches sont flexibles, l’accès aux financements est plus facile. »

Dans le même quartier, installé dans les locaux du Google campus, Loïc Dumas développe l’activité britannique d’une start-up française. Aux « Apéros entrepreneurs », qu’il a lancés dans un bar il y a deux ans, il voit arriver chaque mois une vingtaine de nouveaux venus, attirés par le climat « business friendly » de la mégapole londonienne.

Challenges

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :