L’incroyable ruée des Français sur Londres!

Les Français qui vont à Londres sont extrêmement actifs. Ce sont des entrepreneurs attirés par le dynamisme de la capitale, une fiscalité du patrimoine facile et un droit du travail aisé.

Londres

En 2013 et en 2014, les étrangers qui ont acheté le plus de biens immobiliers à Londres sont des ressortissants français. Des maisons et des appartements plus chers que la moyenne et déclarés comme leur résidence principale.

L’attrait des Français pour Londres ne se limite pas à des virées dominicales. Pour la deuxième année consécutive en 2014, le réseau immobilier Knight Frank relève que, parmi les étrangers qui ont investi dans l’immobilier londonien, nos compatriotes sont les plus nombreux.

Shoreditch, la Silicon Valley de Londres en plein boom!

shoreditch

Géants du Web et start-up s’implantent dans le quartier de l’est de Londres, qui veut devenir une Silicon Valley européenne. Un modèle pour Paris qui commence à peine sa réflexion dans la création d’un tel quartier?

Un léger parallèle peut-être tracé entre la ruée vers l’or de l’ouest américain du XIXe siècle et le boom actuel de l’est londonien, nouvel eldorado à start-up. Dans les deux cas, tout commence par une erreur de la nature.

En 1848, l’Américain James Wilson Marshall construit une scierie dans la Sierra Nevada et découvre par hasard des pépites de métal précieux dans une rivière. Près de deux siècles plus tard, un affreux rond-point, plaie urbaine du quartier de Shoreditch, lègue son nom à la Silicon Roundabout et devient le point de départ de la Tech city britannique. C’est ici, dans l’East End que les poids lourds de l’e-économie, tels Google, Facebook, Amazon ou Yammer, le réseau social pour entreprises racheté par Microsoft en juillet, ont posé leurs valises ces derniers mois.

Le développement de la Silicon Roundabout est fulgurant. En 2008, seules une quinzaine de start-up étaient installées autour du rond-point d’Old Street, cœur de la Tech city. Parmi ces pionniers, de nombreuses entreprises-web sont alors spécialisées dans l’univers musical. Citons Songkick, Last.fm (racheté 280 millions de dollars par CBS) ou Groupspaces.

«Il y a une forte connexion entre les acteurs des nouvelles technologies et la scène musicale londonienne», note Olivier de Simone, responsable du département musique de Webdoc, une plateforme qui permet de créer des documents interactifs.

Si en 2012 la mélodie n’est plus exactement la même, près d’un quart des entreprises présentes à Shoreditch sont toujours liées à l’industrie cinématographique ou musicale.

Iain Dodsworth, le fondateur de Tweetdeck, la célèbre application de gestion de réseaux sociaux, a également débuté ici. Le rachat de sa start-up par Twitter pour 40 millions de dollars en 2011 (environ 31 millions d’euros) a été le premier vrai coup d’éclat de la Tech city. Une première marche dans la compétition naissante qui l’oppose à la Silicon Valley, dont la ville de Londres s’inspire pour modeler sa «Valley». En septembre 2012, près de 800 entreprises du secteur numérique sont désormais établies à Shoreditch.

Même pour David Rowan, éditeur de l’édition britannique de Wired –un des magazines de référence sur les technologies– «l’énorme et rapide croissance de la Tech city de Londres a été une surprise pour notre équipe, alors que nous traitons du sujet tous les mois».

Mais quelle est la place de Londres à l’échelle mondiale? Selon le classement de référence, quoique encore largement imparfait, de Startup Genome (une entreprise spécialisée dans la collecte et l’analyse des données issues des startup), Londres est par sa taille le troisième hub high-tech du globe. Derrière la Silicon Valley, dont l’«écosystème» est quatre fois et demi supérieur à celui de Londres, et New York City.

Cependant dans le classement général de Genome, réalisé à partir de l’aggrégation de sept indicateurs tels que la durée de vie des start-up, ou le montant des levées de fonds opérés en 2011, la capitale du Royaume-Uni n’est que septième. Derrière cinq villes américaines et Tel-Aviv. Mais devant tous ses concurrents européens dont Paris (11e) –qui vient de lancer sa pré-phase de réflexion pour le développement d’un tel quartier– et Berlin (15e). A titre de comparaison, Londres compte environ 2.200 startup contre 1.200 pour Paris.

La politique volontariste du gouvernement

Lors de son élection en 2010 à la tête du gouvernement britannique, David Cameron a érigé en priorité le développement de la Tech city, «seul secteur industriel d’avenir en Grande-Bretagne». Plusieurs lois ont été votées pour attirer les cracks du numérique. Concernant le volet financier, les start-up qui s’installent dans l’est de Londres sont depuis 2010 exemptées de 5.000 livres (environ 6.100 euros) de charges sociales pour chacun de leurs dix premiers employés. Autre avantage fiscal, les start-up qui investissent plus de 100.000 livres à Shoreditch bénéficient également d’une réduction de 50% de leurs impôts.

Les conditions d’obtention de visas et de permis de travail ont été grandement facilitées pour encourager les étrangers à venir travailler dans la Silicon Roundabout. «Aujourd’hui, tu peux recruter des gars à San Francisco, en quelques jours ils seront en règle pour venir travailler ici», indique Stephen O’Reilly, directeur des ventes internationales de Mobile Roadie, une start-up spécialisée dans la création d’applications pour smartphones sur demande.

La loi sur la propriété intellectuelle a également été réformée par David Cameron sur le modèle américain, qui offre plus de libertés, pour attirer notamment Google.

La puissance financière

Mais sans d’autres points forts, Londres ne se démarquerait pas de Dublin, paradis fiscal pour start-up, et de Berlin ou Paris. «L’un des atouts de la Silicon Roundabout est la proximité de la City, première place financière européenne», explique Georg Ell, manager général du bureau de Yammer à Londres.

«Les start-up comme la nôtre peuvent bénéficier d’un fort soutien financier pour leurs investissements.»

Le succès de Yammer symbolise cette connexion. Il y a quatre ans, lors de son implantation sur les bords de la Tamise, l’entreprise californienne comptait trois employés qui partageaient un open space avec plusieurs autres start-up. Ils sont aujourd’hui 85 installés dans un luxueux immeuble à trois étages sur Great Eastern Road, à deux pas d’Old Street.

En 2011, la capitale britannique a été la ville européenne où les ventures capital américains ont le plus investi, selon la Tech city investment organisation (TCIO). L’arrivée de la Silicon Valley Bank (SVB), établissement financier américain spécialisé dans le secteur high-tech, en juin 2012, est également un tournant. «Nous avons déjà prêté des millions aux start-up du Royaume-Uni mais nous cherchons à transformer cela en milliards très rapidement», avait déclaré Phil Cox directeur de la SVB à Londres au micro de la BBC en juin dernier. «C’est très important qu’une institution comme la SVB –le pouls de la Valley– viennent ici pour financer les investisseurs», ajoute Julie Meyer, manager de ACE Fund, un venture capital britannique.

Un partenariat entre la banque Barclays et le Central working de la Tech city –un immense espace de travail pour start-up–  a également été signé en juin pour une durée de cinq ans. Ce juteux contrat qui vise à soutenir le digital business devrait «potentiellement générer 350 millions de livres de chiffre d’affaires», selon la TCIO.

Un effet post-JO?

Le parc olympique, point névralgique des JO 2012, est à un jet de pierre de la Silicon Roundabout. Les retombées promises par le gouvernement à la Tech city sont cependant difficiles à quantifier. «Pour le moment peu d’entreprises veulent s’installer près du parc olympique, l’énergie créatrice de l’industrie high-tech est ici à Shoreditch», affirme Georg Ell. Mais pour le maire Boris Johnson, «la mise en lumière du savoir-faire organisationnel de notre cité va encourager les entreprises à venir s’installer dans l’est londonien».

En attendant, la Silicon Roundabout a organisé ses propres olympiades cet été –les Start-up games. Une entreprise britannique spécialisée dans le développement de matériaux de haute technologie, Versarien, a remporté la compétition. Comme un symbole de l’ambition grandissante de Shoreditch qui veut à moyen terme s’imposer comme la deuxième place high-tech mondiale, derrière la Silicon Valley. Et transformer l’affreux rond-point de Old Street en or.

Camille Belsoeur

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Ces Français qui ne résistent pas à l’appel de Londres!

Financiers, entrepreneurs, cadres… l’exode vers la capitale britannique s’est encore accéléré ces deux dernières années. Un ticket généralement sans retour. 

Ces Français qui ne résistent pas à l'appel de Londres

Près de 400 000 Français seraient aujourd’hui installés à Londres. afp.com/Andrew Cowie

On l’appelle le XXIe arrondissement de Paris. Ici, on va prendre son breakfast chez Paul, déjeuner à la Bouchée, dîner chez Racine, avant un dernier verre au Meursault. On achète son pont-l’évêque à la Cave à fromage, son bordeaux grand cru à la Bonne Bouche et ses éclairs au café chez Valerie.

A South Kensington, tout, jusqu’au drapeau bleu blanc rouge qui claque au sommet de l’Institut français, rappelle la patrie de Victor Hugo. Tout sauf, peut-être, le prix des appartements luxueux nichés au coeur des immeubles victoriens : jusqu’à 35000 euros le mètre carré, soit plus de 3 millions d’euros pour un quatre-pièces de 90 mètres carrés ! De quoi faire passer l’avenue Montaigne pour une zone pavillonnaire. Des prix qui ne posent guère de problèmes aux nombreux Français installés ici -entrepreneurs, cadres dirigeants, financiers- qui paient parfois rubis sur l’ongle. Des Froggies qui incarnent le fossé grandissant entre un Hexagone déclinant et ce bout de France si loin de la crise, au coeur d’une mégalopole transformée en aspirateur universel de capitaux et de talents.

David Cameron avait prévenu en 2012 : il allait dérouler le tapis rouge aux Français privilégiés effrayés par le retour de l' »ogre socialiste ». C’est peu dire que le Premier ministre britannique a été entendu. Didier Delmer, un quinquagénaire français installé dans le quartier de Highgate, dans le nord de Londres, peut en témoigner. Cet autodidacte avenant, qui se définit lui-même comme un « serial entrepreneur », a quitté la France en 2008, après plusieurs créations de sociétés qui ont finalement avorté. « J’en avais marre du harcèlement administratif et de l’image déplorable des patrons véhiculée dans notre pays », lâche-t-il, un peu radical, mais reflétant une opinion largement partagée au sein de la communauté française.

Ici, Delmer crée une société spécialisée dans la « relocalisation », vouée à prendre en charge les entrepreneurs qui souhaitent s’implanter dans un environnement britannique considéré comme plus propice, fiscalement en particulier. Son entreprise vivote gentiment jusqu’à l’élection de François Hollande. « Je montais de un à trois dossiers par mois, et puis, d’un coup, entre mai et octobre 2012, j’en ai fait 187 ! », dit-il en riant. Depuis lors, le flux ne s’est guère tari : des ETI (entreprises de taille intermédiaire), des PME, mais aussi, désormais, des entreprises plus importante qui lui font signer des pages et des pages de clauses de confidentialité.

« Un droit du travail beaucoup plus flexible »

Pas question, en effet, pour ces entrepreneurs, de prendre le risque d’être rattrapés par le grand méchant fisc français, tellement plus sévère que son homologue britannique. « Les charges sociales représentent 20% du salaire, contre 50% en France ; l’impôt sur les sociétés s’élève à 20% contre 33%; la fiscalité sur le capital est beaucoup plus favorable…, énumère Didier Delmer. Sans compter l’absence de formalités administratives et un droit du travail beaucoup plus flexible. »

Pour les financiers et les cadres dirigeants, un arsenal semblable a également été prévu. A commencer par le statut de « non-dom », ou non-domicilié. « Il permet à un Français qui s’expatrie, grâce à la règle dite de la remittance basis, de ne payer ses impôts que sur les sommes gagnées ou rapatriées au Royaume-Uni, précise Corinne Dadi, avocate fiscaliste au cabinet Stehlin et associés. Tous les revenus gagnés à l’étranger ne sont pas imposés par le fisc britannique tant qu’ils ne sont pas ramenés dans le pays. »

A cet avantage, on peut ajouter une exonération sur les plus-values immobilières, d’appréciables abattements sur les droits de succession, une fiscalité sur les stock-options nettement moins élevée que dans l’Hexagone, l’absence d’impôt sur la fortune, et, bien sûr, de taxe à 75%. N’en jetez plus !

Difficile de résister à un tel déluge d’attentions. Vues des cabinets d’avocats fiscalistes, sociétés d’immobilier de luxe et gérants de patrimoine – dont beaucoup ont embauché des professionnels francophones -, les déclarations lénifiantes sur le faible impact de cet exil sur l’économie française suscitent moues dubitatives et sourires entendus.

Une ville en prise directe avec le monde et ses ultrariches

Bien sûr, cet exode n’a pas démarré le 6 mai 2012. Voilà plus d’une décennie que les diplômés des grandes écoles françaises ont commencé à déferler sur la City. Parmi cette génération-là, « rares sont les financiers à vouloir rentrer en France, où le marché est plus petit et les opportunités de carrière sont moins intéressantes », témoigne Josselin de Roquemaurel, un Français travaillant dans un fonds d’investissement, installé ici depuis treize ans. Lui se plaît tellement dans la « perfide Albion », qu’il a écrit un livre racontant la vie de ceux qu’il définit comme les émigrants de la quatrième vague, après la conquête normande, la révocation de l’édit de Nantes et la fuite des aristocrates après la Révolution (1).

L’accentuation du phénomène d’exil, depuis 2012, apparaît cependant beaucoup plus inquiétante que la vague commencée dans les années 1990. D’abord, parce qu’elle ne concerne plus seulement les financiers -même si beaucoup d’entre eux sont venus rejoindre leurs prédécesseurs, comme Bertrand Meunier, associé du fonds CVC Capital et l’un des rares expatriés à avoir reconnu s’installer pour des raisons fiscales. Ce sont des non-diplômés, venus trouver des emplois de cuisiniers ou de serveurs à Shoreditch, le nouveau quartier « bobo », en pleine expansion; des jeunes frais émoulus des grandes écoles, arrivés ici pour trouver des jobs mieux rémunérés et plus gratifiants.

A l’image de Sophie, jeune diplômée en marketing de 23 ans, qui, trois semaines après l’obtention de son diplôme, a décroché un job de cadre au siège londonien d’Amazon, sur Holborn Viaduct. Installée depuis un an, elle a déjà plusieurs opportunités d’évolution au sein de la société, où elle a acquis une expérience internationale, au milieu de salariés de dizaines de nationalités différentes. Ce sont, encore, des créateurs de start-up venus s’installer dans la Tech City, cette grande vallée européenne du numérique qui a poussé comme un champignon du côté de Whitechapel, dans le quartier des anciennes tea houses. Ou, enfin, ces fleurons français (Kering, Schneider Electric…), qui choisissent d’installer quelques-uns de leurs plus hauts cadres dans cette ville en prise directe avec le monde et ses ultrariches.

Difficile, dès lors, de soutenir que cet exode massif et multiforme -ils seraient désormais près de 400 000 ici, soit l’équivalent de la cinquième ville française, derrière Toulouse- n’a pas de conséquences sur l’économie tricolore.

« Chacun, ici, pense que cela a forcément un impact sur la croissance française », dit Arnaud Vaissié, patron du réseau des chambres de commerce à l’étranger, installé à Londres. Lui-même entrepreneur, il a créé sa société de services, International SOS, en Asie, avant de choisir la capitale britannique, et non Paris, voilà quinze ans, pour son développement européen.

Ce quinquagénaire affable constate, lui aussi, le développement exponentiel de la communauté française : « Le lycée Charles-de-Gaulle, à South Kensington, et le collège français bilingue, près de Kentish Town, refusent des centaines d’élèves tous les ans, raconte-t-il. C’est pour cela qu’il a fallu construire un nouvel établissement, du côté de Wembley. » Celui-là, prévu pour accueillir 1 100 collégiens et lycéens, devrait ouvrir ses portes en septembre 2015.

Richement doté, il disposera même, peut-être, d’une piste d’athlétisme et d’un parcours de santé ! Un projet de plus de 60 millions d’euros, financé aux quatre cinquièmes par un emprunt bancaire garanti par l’Etat français. Le reste viendra d’une levée de fonds souscrite, notamment, auprès des entreprises françaises, qui bénéficieront d’un tiers des places disponibles. De quoi caser les enfants de tous ces cadres et dirigeants qui n’ont, bien sûr, jamais quitté la mère patrie…

(1) La Reine, la City et les Grenouilles. Chroniques d’un Français de Londres (Albin Michel).

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