Exil. L’appel de Londres, sixième ville de France

La tour « The Shard », située sur la rive sud de la Tamis. actuellement, 237 tous de plus de 20 étages sont en construction à Londres. Photo © Julian Choquette

Magnétisme. Avec environ 250 000 de nos compatriotes qui y vivent, la capitale britannique serait devenue la sixième ville de France.

On ne se méfie jamais assez des petites phrases. Le premier ministre, Manuels Valls, a eu beau affirmer, début octobre, à Londres que « [son] gouvernement est probusiness », il n’empêche, la fuite des cerveaux français vers la capitale britannique est une réalité. Selon l’édition 2015 de Doing Business, de la Banque mondiale, la France n’est que le 31e pays au monde le plus “business friendly”, devant la Pologne et derrière la Macédoine, tandis que Londres conserve son dynamisme.

Officiellement, le registre des Français établis hors de France dénombre un peu plus de 125 000 Français vivant au Royaume-Uni. Mais ce registre est loin d’être exhaustif, puisque l’inscription au consulat n’est pas obligatoire. Ils seraient en réalité près de 250 000, selon le consulat général de France à Londres, voire près de 300 000, à vivre dans la capitale britannique. Ce qui a fait dire au maire de Londres, Boris Johnson, qu’il est « le maire de la sixième ville de France » ! Grâce au “cordon ombilical” qu’est devenu l’Eurostar, plusieurs dizaines de Français élisent domicile chaque mois à Londres.

Qui sont ces Franco-Londoniens ? Le stéréotype voudrait qu’ils soient d’abord un banquier dans la City, habitant à South Kensington, ou directeur financier, ou encore restaurateur. Mais la réalité est plus complexe, comme le rappelle Josselin de Roquemaurel dans son livre la Reine, la City et les Grenouilles (lire Valeurs actuelles du 6 novembre). L’expatrié peut aussi être « étudiant, jeune fille au pair, créatrice de mode, coiffeur styliste, professeur des écoles, avocat, chanteuse lyrique, médecin, journaliste, photographe, publicitaire ou jeune chômeur en quête d’emploi ». La France devrait se poser des questions sur le magnétisme du rêve britannique.

Toutes nationalités confondues, 100 000 personnes s’installent chaque année à Londres. D’ici à 2030, la population devrait passer de 8,3 millions à 10 millions. D’où une frénésie de construction pour répondre à la pénurie de logements. Selon la New London Architecture, 237 tours de plus de 20 étages sont en cours de construction : 80 % des nouveaux édifices, la plupart de verre et d’acier, seront à usage résidentiel, loin du cliché des maisons victoriennes à trois étages en brique rouge. Ces gratte-ciel seront construits dans le secteur de la City, le long de la rive sud de la Tamise et dans le quartier d’affaires de Canary Wharf, édifié à l’emplacement des anciens docks, dans l’est de la capitale. Aujourd’hui, l’immobilier à Londres n’a pourtant jamais été aussi onéreux. Les prix ont augmenté de 26 % depuis un an et sont désormais 30 % plus élevés qu’avant la crise de 2008.

Marie de Greef-Madelin Valeurs Actuelles.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :