Nouvelle charge d’une journaliste du New York Times contre la France

Une tribune intitulée, en français, «Au Revoir, entrepreneurs» publiée dans le quotidien américain s’appuie sur les témoignages de jeunes expatriés français et dépeint une France malade de ses entrepreneurs.

Alors que le chômage a de nouveau progressé en France, la nouvelle salve du New York Times contre la France frise parfois les stéréotypes. «Au Revoir, entrepreneurs», le titre en français d’une tribune publiée dans le New York Times annonce la tonalité du papier. Après une immersion au cœur de la communauté française de Londres, la journaliste Liz Alderman dresse un portrait peu flatteur de l’Hexagone. La correspondante du New York Times basée à Paris s’appuie sur les témoignages de jeunes entrepreneurs venus monter leur entreprise dans la capitale britannique. Ces déracinés ne sont pas toujours tendres avec leur patrie d’origine.

L’exode des entrepreneurs français

Mais les critiques formulées relèvent parfois plus des préjugés que de faits réels. A commencer par le postulat de base du reportage qui évoque un exode des entrepreneurs Français. La journaliste évoque «une hémorragie» des hommes d’affaires français qui sont plus nombreux à quitter le pays. «Aujourd’hui près de 1,6 million de Français, sur les 63 millions d’habitants que compte le pays, vivent en dehors des frontières. Ce n’est pas une forte proportion mais c’est 60% de plus que dans les années 2000, souligne la journaliste qui cite le ministère des Affaires étrangères. Des milliers ont posé leurs valises à Hongkong, Mexico, New York, Shanghaï et dans d’autres villes. La seule Silicon Valley compte près de 50.000 Français», ajoute Liz Alderman. «Mais la plupart d’entre eux ont simplement traversé le tunnel sous la Manche, à seulement deux heures de Paris. Près de 350.000 Français sont maintenant enracinés en Grande-Bretagne, soit une population équivalente à Nice, la cinquième ville de France».

L’étude de la Chambre de commerce de Paris Ile-de-France publiée en mars fait effectivement état de la présence de près de 1,5 à 2 millions Français à l’étranger. Selon l’étude «deux expatriés sur 10 sont des créateurs d’entreprises contre 1 sur 10 il y a dix ans». Ainsi, contrairement à ce qui est dit dans le papier, une large majorité des expatriés Français ne choisissent pas de quitter son pays pour monter son entreprise mais d’autres critères motivent leurs choix…

Le quotidien américain évoque par ailleurs le cas d’un jeune entrepreneur français qui a rejoint Londres après une expérience peu concluante de création d’entreprise à Marseille. «En France, nous avons peur des échecs. Si nous échouons, c’est une grande honte. A Londres les choses sont différentes, il y a un sentiment que tout est possible et si on fait des erreurs, on peut toujours se relever». Ici «80% à 90% des start-up échouent mais cela ne pose pas de problème, confirme Eze Vidra, responsable du département européen d’accompagnement des entrepreneurs en Europe basé sur le campus de Londres. En Grande-Bretagne et aux États-Unis, un échec n’est pas mal vu, on apprend de ses échecs pour préparer ses succès à venir», ajoute la cadre de Google.

Mais la culture française évolue aussi sur ce sujet. En effet, plusieurs initiatives ont récemment vu le jour en France pour permettre aux créateurs d’entreprise malheureux de rebondir. Et notamment Fleur Pellerin, ministre de l’Économie numérique, a lancé un «plan rebond». Il s’agit d’une sorte de droit à une seconde chance. Et dans le secteur privé aussi, les initiatives se multiplient pour transformer les échecs professionnels en succès.

Une sinistrose ambiante

«La France a une multitude de problèmes, il y a un sentiment de déprime qui gagne du terrain. L’économie ne va pas bien et si vous voulez aller de l’avant ou monter votre propre projet, l’environnement n’est pas propice», indique un Français de 29 ans interrogé par la correspondante.

La chroniqueuse affirme que «la classe politique craint que le chômage et la morosité ambiante poussent les jeunes à partir entreprendre hors des frontières françaises, la France souffrant d’une hémorragie de travailleurs dynamiques». Elle rappelle une étude du Pew Research Center de l’an passé selon laquelle la déprime et la désillusion contaminent la France plus rapidement que n’importe quel autre pays en Europe.

Déjà en juillet, un article du New York Times s’inquiétait de la morosité qui, selon le quotidien, gangrène la France, décrivant un pays tourné vers son «passé glorieux» et sans espoir pour l’avenir. Mais l’article véhiculait de nombreux clichés.

Les riches stigmatisés

La journaliste ajoute que «même des hommes d’affaires aisés ont plié bagage, las des difficultés rencontrées». Elle évoque une «stigmatisation des riches. L’élection de François Hollande qui avait déclaré qu’il n’aime pas les riches n’a pas arrangé cette image», écrit Eze Vidra.

Toutefois, la journaliste oublie de dire que le projet de la taxe à 75% pour les plus fortunés a finalement été retoqué. De même, le projet de taxation des plus-values de cession a également été abandonné après la levée de boucliers des «Pigeons» (mouvement lancé par un entrepreneur installé aux États-Unis…). Si le président a dit un temps qu’il n’aime pas les riches, il écoute les entrepreneurs…

Les lourdeurs administratives

La journaliste pointe en outre les lourdeurs administratives qui plombent les entrepreneurs. La chroniqueuse cite l’exemple d’un Français qui après avoir obtenu un diplôme dans la finance a souhaité créer une clinique dentaire. Une initiative que «l’administration française a transformée en véritable parcours du combattant. Une licence qui devait initialement être obtenue en un mois a finalement pris 6 mois, affirme la journaliste avant d’ajouter que les embauches ont également dû être reportées, en raison des taxes que les compagnies paient pour chaque employé. En France, les charges pour financer les allocations-chômage, l’éducation, le système de santé et de retraite dépassent les 33%. Alors qu’en Grande-Bretagne, le niveau de taxe frôle 20%», indique Liz Alderman. Mais la France dispose également de nombreux dispositifs d’aide à la création d’entreprise. Il n’est pas certain que les déracinés français aient trouvé un équivalent dans leur nouveau pays d’adoption.

Par Mathilde Golla-Le Figaro-

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