Le Royaume-Uni de Cameron, la réussite de l’anti-modèle français

DÉCRYPTAGE – Le cap fixé par la Grande-Bretagne est clair : afficher l’impôt sur les sociétés de plus bas des grandes économies du G7, afin d’attirer les investissements étrangers, sources de croissance et d’emplois.

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Il n’y a pas que le «royal baby» et le charme désuet de la monarchie qui nous distinguent du Royaume-Uni. Il y a outre-Manche une politique économique aux antipodes de la nôtre, qui semble porter ses fruits, si l’on en croit la première estimation de la croissance au second trimestre. Son rythme a doublé, passant de 0,3 % au premier trimestre à 0,6 % au printemps. Et la tendance s’annonce également bonne pour le troisième trimestre. En France, la récession est encore là. Les chiffres du second trimestre, attendus mi-août, nous diront si nous sommes sortis de l’ornière… Les estimations évoquent 0,2 % de croissance au maximum. Pas brillant.

À ce rythme, la France – dont la richesse produite en 2012 s’élève à 2033 milliards d’euros – pourrait être rapidement dépassée par son ennemi héréditaire, dont le produit intérieur brut s’élève déjà à quelque 1800 milliards d’euros…

Qu’ont-ils donc fait, ces Anglais que l’on disait moribonds il y a quelques mois, pour sortir si vaillamment la tête de l’eau? Deux choses: une baisse drastique des dépenses publiques, y compris des allocations familiales, mais aussi une baisse de l’impôt sur les sociétés de 28 % en 2010 à 23 % aujourd’hui, avec une promesse de le baisser encore à 20 % en 2015, contre 33,3 % en France. Le cap fixé par la Grande-Bretagne est clair: afficher l’impôt sur les sociétés de plus bas des grandes économies du G7, afin d’attirer les investissements étrangers, sources de croissance et d’emplois. «L’économie d’un pays va mieux quand vous dites aux gens: vous avez travaillé dur, vous avez fait ce qu’il fallait, alors voici votre argent qui vous revient sous forme de réduction d’impôts», a résumé David Cameron.

C’est exactement la recette inverse de celle employée, en France par François Hollande. Son gouvernement a décidé d’augmenter massivement les impôts, instauré une taxe à 75 % sur les gros salaires, sans toucher – encore – aux dépenses publiques, ni aux charges patronales très élevées, au risque de devenir un épouvantail pour les investisseurs étrangers et les chefs d’entreprise. Sans parler des slogans protectionnistes d’Arnaud Montebourg!

Les Français ont beau railler les petits boulots mal payés à Londres et l’hypertrophie de la City, la recette anglaise marche: le chômage est en baiss,e à 7,8 %, la consommation repart, et il n’y a pas que les services, traditionnellement forts au Royaume-Uni, qui profitent de la reprise cette année. L’industrie est aussi de la partie, avec une hausse de la production industrielle de 0,4 % au second trimestre.

Au-delà de son libéralisme forcené, la Grande-Bretagne a une autre baguette magique: une politique monétaire indépendante, qui lui permet de faire de l’assouplissement quantitatif à l’américaine et de baisser ses taux à sa guise pour aider la croissance ou les exportations. Une souveraineté monétaire que la France regrette souvent d’avoir abandonné à la BCE.

Le Figaro

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