Vertueux? Le budget britannique 2012 veut conjuguer rigueur, relance et simplification fiscale

ImageLe ministre des Finances britannique George Osborne a présenté son troisième budget mercredi devant la Chambre des Communes. Après un premier budget d’urgence visant à réduire les déficits publics et un second contre l’austérité, ce dernier vise à récompenser le travail et rendre le Royaume-Uni attractif pour les investisseurs et entrepreneurs.

Le ministre des Finances britannique George Osborne a présenté son troisième budget ce mercredi devant la Chambre des Communes à 12 heures 30, dans un contexte d’incertitude économique face à la crise de la zone euro et à l’augmentation du chômage. Après un premier budget d’urgence visant à réduire les déficits publics le 22 juin 2010 et un second budget d’austérité visant à relancer la croissance le 23 mars 2011, cette année, le budget vise à récompenser le travail et à rendre le Royaume-Uni attractif, au lieu de dissuader les investisseurs et les entrepreneurs par une fiscalité confiscatoire.

Le budget britannique 2012 vise à redonner confiance au monde des affaires et à réformer en profondeur la fiscalité, afin d’encourager l’innovation et de soutenir l’industrie aérospatiale et pharmaceutique, qui sont des secteurs de pointe. La réduction des déficits publics à 7,6% du PIB en 2013 et de la dette publique à 76% du PIB en 2012 restent la priorité du gouvernement, ce qui permettra d’économiser 23 milliards de livres d’intérêt d’emprunt. Mais le gouvernement souhaite avant tout relancer l’économie britannique, doubler les exportations et accueillir de nouveaux investisseurs au Royaume-Uni, grâce au développement des infrastructures (routes, chemins de fer, aéroports) et à la baisse de l’impôt sur les sociétés.

George Osborne s’est placé en digne héritier de l’économiste Adam Smith, qui estimait que l’impôt devait être simple, prévisible, juste et soutenir le travail. Le budget britannique 2012 propose donc une simplification des impôts. Le ministre des Finances souhaite rendre la fiscalité transparente et fournir à chaque contribuable un document lui montrant comment ses impôts sont dépensés. Le budget 2012 vise également à rendre la fiscalité plus compétitive. L’objectif du ministre des Finances britannique est de favoriser la création d’emplois et la croissance et d’offrir un avenir meilleur aux générations futures.

Une baisse de l’impôt sur les sociétés

Le gouvernement a décidé de baisser l’impôt sur les sociétés de 26% à 24% à partir d’avril 2012, afin de faire du Royaume-Uni le pays le plus propice à la création d’entreprises. L’impôt sur les sociétés devrait être abaissé à 22% d’ici à 2015. Le Royaume-Uni dispose ainsi du taux le plus bas d’impôt sur les sociétés de tous les pays du G7 et se situe 12% en-dessous de celui de la France. Les charges sociales pour l’emploi d’un salarié s’élèvent à 13% au Royaume-Uni, alors qu’elles atteignent 43% en France. Ces mesures s’inscrivent dans une politique d’incitation à la création d’emplois. George Osborne veut encourager l’esprit d’entreprise au Royaume-Uni, supprimer les entraves réglementaires et réduire les gaspillages de l’administration, afin de relancer l’économie. Le ministre des Finances veut aussi faire du Royaume-Uni le centre technologique de l’Europe.

Il a par ailleurs annoncé l’augmentation des taxes sur l’alcool et sur les cigarettes afin de s’attaquer à l’excès de consommation d’alcool et de tabac, nuisibles à la santé. Les taxes sur le paquet de cigarettes augmentent de 37% et les taxes sur l’alcool augmenteront de 5%.

Enfin, il a annoncé une augmentation des droits de mutation à 7% pour la vente de biens immobiliers supérieurs à 2 millions de livres.

Une réduction de la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu

La mesure la plus attendue de ce budget est la réduction de la tranche supérieure des impôts à 45% en avril 2013, destinée à relancer l’investissement et à encourager les entrepreneurs à rester au Royaume-Uni plutôt qu’à se délocaliser en Asie. Cette réduction sera financée par une réduction des dépenses des ministères à hauteur de 2 milliards de livres. L’augmentation des impôts à 50% décidée par Gordon Brown n’a pas eu l’efficacité escomptée et a créé des distorsions, rendant le Royaume-Uni moins compétitif que la France et l’Italie. Le ministre des Finances George Osborne va publier un rapport sur les effets pernicieux de l’augmentation de la tranche supérieure d’impôt sur le revenu à 50% afin de justifier la baisse de 5% annoncée pour l’an prochain. D’ici à 2015, il espère même ramener la tranche supérieure d’imposition à 40%.

Une augmentation du crédit d’impôt

La grande nouveauté du budget 2012 est l’abattement d’impôt qui passe de £7 475 en avril 2011 à £8 105 en avril 2012, à £9 205 en avril 2013 et à £ 10 000 en avril 2014. Le Vice Premier ministre Libéral Démocrate Nick Clegg était le grand partisan d’une augmentation des abattements d’impôt et le ministre des Finances George Osborne s’est rallié à cette proposition, ce qui montre l’harmonie entre les conservateurs et les libéraux démocrates en matière de fiscalité au sein du gouvernement de coalition. L’augmentation de l’abattement d’impôt vise à alléger la pression fiscale sur les personnes à revenus modestes. Grâce à ces nouvelles mesures, deux millions de Britanniques ne paieront pas d’impôt sur le revenu.

Ce budget responsable est un véritable budget de coalition qui tient compte des propositions des conservateurs et des libéraux démocrates afin de créer une fiscalité simple, compétitive et juste. Le budget de George Osborne a suscité les critiques du chef de l’opposition Ed Miliband qui l’accuse de présenter un budget pour les millionaires et de revenir à la politique traditionnelle des conservateurs. Le monde des affaires et de la finance a réagi favorablement à ce budget qui vise a réduire la dette britannique qui atteint aujourd’hui 995 milliards de livres. Le budget 2012 est en fait un compromis entre les mesures d’austérité et les mesures de relance, mais il fait porter les réductions d’impôts des contribuables les plus aisés par les retraités de plus de 65 ans, qui paieront environ 283 livres d’impôts en plus par an. Le ministre des Finances britannique remet ainsi en question le crédit d’impôt pour les retraités créé par Winston Churchill.

Sophie Loussouarn est spécialiste de l’histoire politique et économique du Royaume-Uni et proche du monde politique anglo-saxon.

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