Poussée de fièvre indépendantiste à Jersey

Flirtant lui-même avec l’idée d’une sécession de l’Union européenne, le Royaume-Uni va-t-il devoir décourager les désirs d’indépendance des îles anglo-normandes après ceux de l’Ecosse ? L’interview donnée au « Guardian » par Philip Bailhache, le ministre en chef assistant de Jersey, pourrait le laisser penser. « J’ai l’impression que la situation actuelle est injuste, explique-t-il. L’île devrait être prête à défendre ses droits et à devenir indépendante si c’était dans son intérêt. »

Selon lui, les relations tendues avec le Royaume-Uni depuis cinq ans ont mis en relief toutes les divergences. Depuis la crise financière, Londres, comme la plupart des capitales occidentales, lutte plus activement contre l’évasion fiscale. Du coup, les sites de e-commerce britanniques ne peuvent plus importer depuis les îles anglo-normandes des produits de moins de 15 livres, comme les CD et les DVD qu’ils pouvaient revendre au Royaume-Uni sans facturer de TVA. Quelque 2.000 emplois sont menacés au large de la Manche.

Surtout, les montages d’optimisation fiscale des particuliers fortunés passant par la création de sociétés écrans dans les îles anglo-normandes sont dans le collimateur de Her Majesty’s Revenue and Customs (HMRC), le fisc. Une enquête du « Times » la semaine dernière sur l’évasion fiscale qui laisse supposer plus de répression, a provoqué un tollé. Le ministre en chef de Jersey, Ian Gorst, estime que son île doit s’émanciper de l’optimisation fiscale. Mais si l’on en croit le « Guardian », son point de vue suscite un débat tendu au sein des dirigeants politiques de l’île. Jersey Finance, le lobby de cette industrie, cherche en tout cas des moyens pour réduire sa dépendance vis-à-vis du Royaume-Uni et de l’Europe et a recruté des représentants à Abu Dhabi et en Chine.

Résidence du financier Guy Hands, qui avait racheté EMI, ou encore des frères Barclay, les îles anglo-normandes sont semi-dépendantes du Royaume-Uni, dont elles utilisent la devise. Elles ont choisies d’être rattachées à la monarchie britannique en 1204, mais de retenir une partie de la loi normande d’alors.

nicolas madelaine, Les Echos
CORRESPONDANT À LONDRES
Écrit par Nicolas MADELAINE 
Correspondant à Londres
 

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