Les Britanniques testent l’austérité «pro-business»

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Le chancelier de l’Échiquier, George Osborne, mercredi matin devant son bureau du 11 Downing Street. Il présente la mallette rouge contenant son projet de budget.Crédits photo : TOBY MELVILLE/REUTERS

L’impôt sur les hauts revenus passe de 50% à 45%. L’impôt sur les sociétés baisse à 24%.Le manque à gagner est compensé par la diminution des prestations sociales.

 Le «bu­dget day» n’est pas une mince affaire au Royaume-Uni. Après être sorti mercredi matin de son bureau du 11 Downing Street avec à la main la mallette rouge contenant son projet de budget, le chancelier de l’Échiquier, George Osborne, était suivi par un hélicoptère de la chaîne d’info Sky News sur son parcours jusqu’au siège du Parlement à Westminster, à deux pas de là. Devant les députés, il a présenté ses propositions «pro-business sans aucune honte» pour l’année fiscale qui démarre en avril.

La très contestée réduction du taux supérieur d’impôt sur le revenu de 50 à 45% est confirmée, ainsi qu’une diminution de l’impôt sur les sociétés de 26% à 24% dès le mois prochain, et à 22% d’ici à 2014.

Difficile du coup de continuer à assurer que l’austérité concerne tout le monde, comme l’a souligné le leader travailliste de l’opposition Ed Miliband. Le gouvernement rétorque qu’il compense ces allégements par une augmentation des taxes sur l’immobilier ou une chasse à l’évasion fiscale. Mais l’une des principales économies porte sur la réduction des prestations sociales, notamment des allocations familiales, votée le mois dernier.

Malgré cette redistribution fiscale, le ministre de l’Économie ne démord pas de sa priorité d’assainir les finances publiques. L’objectif de supprimer le déficit budgétaire en cinq ans reste d’actualité. Mais crise de l’euro oblige, il a été décalé de deux ans, à 2017. Le déficit sera encore de 143 milliards d’euros cette année. Ce n’est qu’à partir de 2015 que la dette pourra, théoriquement, diminuer.

Reprise espérée des investissements

«Il existe une énorme incertitude sur cet objectif d’équilibre budgétaire, que nous estimons à 60% de chances de réussite», note Robert Chote, président de l’Office de responsabilité budgétaire (OBR), organisme indépendant créé par le gouvernement.

La difficile marche vers ce but semble aidée par une très légère amélioration de la situation de l’économie britannique. L’OBR a revu sa prévision de croissance pour cette année à 0,8% au lieu de 0,7% précédemment, grâce à une meilleure activité constatée au premier trimestre, ce qui devrait permettre d’écarter la perspective d’une récession après le recul du PIB au dernier trimestre 2011.

Pour autant, ce frémissement ne fait pas le printemps. La consommation anémique devrait continuer à peser sur la reprise jusqu’en 2014 et les économistes comptent sur une hausse de 40% des investissements des entreprises dans les cinq ans pour stimuler croissance.

Le chômage devrait continuer à augmenter jusqu’à un pic de 8,7% à la fin de cette année, pour diminuer ensuite.

La suppression de 730.000 postes dans la fonction publique entre 2011 et 2017 devrait être compensée par la création de plus d’un million d’emplois dans le privé. C’est le pari que fait le gouvernement en créant un environnement favorable aux entreprises.

Par Florentin Collomp Le Figaro

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