Le Royaume-Uni parie plus que jamais sur sa compétitivité fiscale internationale

Londres va accélérer l’abaissement du taux d’impôt sur les sociétés, et vise 22 % en 2014. «  Une publicité pour les investissements en Grande-Bretagne  », selon George Osborne.

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C’est assez rare pour être noté de la part d’un chancelier de l’Echiquier conservateur. Lors de la présentation, hier, du budget 2012 fixant la politique économique de son gouvernement à moyen terme, George Osborne a osé prononcer le mot de «  politique industrielle », et même expliquer qu’on «  ne devrait pas reculer devant l’idée d’identifier les secteurs de l’économie qui marchent et de les aider ». Mais les sommes mobilisées hier pour l’aéronautique, la pharmacie et les industries créatives restent modestes. Le budget 2012 marque surtout une étape importante dans l’effort du gouvernement de faire du Royaume-Uni l’économie «  la plus compétitive du G20 » pour retrouver la croissance et résorber ses déficits.

Londres va ainsi accélérer l’abaissement du taux d’impôt sur les sociétés, déjà diminué de 28 % à 26 % depuis l’arrivée de la coalition entre les conservateurs et les libéraux-démocrates en mai 2010. Il devait reculer à 25 % dès avril, mais s’établira à 24 %, ce qui permet de viser un objectif de 22 % pour 2014. A ces niveaux, l’impôt sur les sociétés se rapproche de celui de l’Irlande, qui à 12,5 %, est considéré comme un taux de «  dumping » par beaucoup sur le continent.

George Osborne s’est, en tout cas, félicité qu’à cet horizon, il sera de 18 % inférieur à celui des Etats-Unis, de 16 % par rapport à celui du Japon et de 12 % par rapport à celui de la France. «  C’est une publicité pour les investissements et les emplois en Grande-Bretagne », a-t-il estimé en se félicitant que son pays ait rejoint les dix économies les plus compétitives du monde et que les entreprises internationales «  reviennent ».

Accueillir les investisseurs

L’annonce la plus retentissante – l’abaissement du taux marginal de l’impôt de 50 % à 45 % pour les revenus au-dessus de 150.000 livres -est également un signal fort envoyé aux entreprises désirant s’installer outre-Manche. Les sociétés, notamment dans la finance, ont longtemps contesté ce relèvement instauré par les travaillistes au pic de la crise. Et si l’on en croit Richard Sexton, un spécialiste du marchéimmobilier, les mesures compensatoires de hausse de la taxation touchant le logement (voir ci-dessus) ne devraient pas dissuader les riches de venir s’installer. Ces deux mesures s’ajoutent à un arsenal d’initiatives pour faciliter l’accueil des investisseurs et des entrepreneurs. «  La Grande-Bretagne doit gagner sa prospérité dans ce monde », a déclaré le chancelier avant de demander : «  Voulons-nous regarder les Brésil, Chine et Inde de ce monde nous dépasser ? »

Nicolas MADELAINE
Les Echos
CORRESPONDANT À LONDRES

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