Automobile : le Royaume-Uni capte les investissements

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Et le gagnant est… le Royaume-Uni ! Opel, la filiale européenne de General Motors, a annoncé, jeudi 17 mai, qu’elle allait confier la production de la prochaine génération de l’Astra, lancée en 2015, aux usines d’Ellesmere Port au Royaume-Uni et de Gliwice en Pologne.

S’il ne faisait aucun doute que l’usine polonaise allait être désignée, la britannique est une vraie surprise. Opel a donc préféré l’Angleterre à l’Allemagne. L’actuelle Astra est en effet en partie produite à Rüsselsheim, site sur lequel ses 3 500 salariés assemblent près de 20 000 voitures par an.

LE LOBBYING DE LONDRES

Cependant, l’usine-phare de la marque allemande, qui produit principalement des Insignia, ne devrait pas rester vide après 2015. Elle pourrait hériter de la production de véhicules de PSA Peugeot Citroën, dans le cadre de l’alliance entre GM et PSA.

Selon les rumeurs qui circulaient jusqu’à présent, GM avait l’intention de fermer à l’horizon 2014 l’usine britannique, qui produit sous la marque anglaise Vauxhall, et l’usine Opel de Bochum, en Allemagne.

C’était sans compter avec le lobbying du gouvernement britannique, et sans doute de ses finances, pour retenir GM et ses 2 100 emplois. Les salariés ont, par ailleurs, été contraints de renégocier leur contrat de travail.

Avec la prochaine Astra, Ellesmere Port va bénéficier de 155 millions d’euros d’investissements et de 700 créations d’emplois. Plus largement, près d’un milliard d’euros devraient être dépensés dans le réseau local des sous-traitants, ce qui pourrait créer pas moins de 3 000 emplois dans cette région.

Cette annonce du constructeur allemand est loin d’être la seule bonne nouvelle pour le secteur automobile au Royaume-Uni.

Si l’industrie automobile sous capitaux britanniques a sombré dans les années 1980, elle est en plein renouveau depuis la fin des années 2010, grâce aux investisseurs étrangers qui ont repris nombre de marques britanniques en déshérence.

Et le « Made in Britain » est en train de remonter la pente. En 2011, les usines britanniques ont produit 1,45 million de véhicules, contre 1,34 million un an auparavant. Cela devrait encore augmenter, car il ne se passe plus un mois sans qu’un constructeur n’annonce des investissements.

LARGESSES DU GOUVERNEMENT

Le plus entreprenant est le groupe indien Tata, qui a racheté Jaguar Land Rover en 2008. Après la création d’une usine de moteurs dans les Midlands, le constructeur s’est engagé à investir plus de 1 milliard d’euros par an d’ici à 2016 pour lancer 40 modèles de Jaguar comme de Land Rover. Face au succès de sa « Range Rover Evoque », il accélère pour augmenter les capacités de production de ce 4×4 à l’allure très sportive.

BMW a également décidé de confier à son usine britannique, située à Cowley, dans l’ouest de l’Angleterre, la production de la nouvelle version de sa Mini. Nissan a, pour sa part, annoncé en avril 2012 son intention d’investir 160 millions d’euros dans son usine de Sunderland pour un nouveau véhicule, tandis que Toyota prévoit le recrutement de 1 500 salariés dans son usine de Burnaston, près de Derby.

Enfin, Ford ou encore MG Rover, désormais aux mains de Chinois, poursuivent leurs investissements. Non seulement en raison de la présence d’une main-d’oeuvre bon marché, mais également du fait des largesses d’un gouvernement qui fait tout pour soutenir les investissements étrangers.

Philippe Jacqué Le Monde

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