L’élection du maire de Londres se résume à un duel

L’excentrique maire conservateur de Londres, Boris Johnson, reste favori dans l’élection qui l’oppose, aujourd’hui, à son prédécesseur, le travailliste Ken Livingstone, pour gérer une capitale qui concentre les richesses du royaume.

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Paris et le désert français » : plusieurs générations de lycéens de France ont eu en tête ce titre de livre. Mais « Londres et le désert anglais », voire « Londres et le désert britannique », fonctionnerait au moins aussi bien. Et à l’approche des élections à la mairie de Londres, aujourd’hui, durant lesquelles l’excentrique conservateur Boris Johnson tente de se faire réélire face à son prédécesseur travailliste Ken Livingstone, ce constat semble même de plus en plus pertinent.

En dépit de la crise financière qui était censée réduire la City en miettes, Londres donne l’impression de se détacher du reste de l’Angleterre avec son écosystème de métiers de service de plus en plus tournés vers le grand large, sa population cosmopolite ou encore ses quartiers peuplés de millionnaires des pays émergents. « Londres a quitté le Royaume-Uni », expliquait récemment Neil O’Brien, le directeur du groupe de réflexion Policy Exchange dans un essai pour le magazine « The Spectator ».

Ecart de production des richesses

La « division Nord-Sud », le Sud représentant Londres et toute la région qu’elle influence, est évidemment un vieux problème de l’Angleterre. Après les grèves des années 1980, Margaret Thatcher avait déclaré que « la division Nord-Sud avait disparu » devant la Chambre des communes en 1989. Mais l’écart de production de richesses a continué à se creuser, même pendant les treize années jusqu’à 2010 avec les travaillistes au pouvoir. Les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Selon le cabinet de consultants Oxford Economics, le PIB par travailleur était de 38 % supérieur en 2011 à Londres par rapport au reste du Royaume-Uni, contre 28 % en 1990. Dans une étude sur la compétitivité de Londres dans l’économie britannique et mondiale, le cabinet constate que la ville représente à elle seule 21 % de la valeur ajoutée brute du pays. Entre 1993 et 2007, la croissance de cet indicateur a été « confortablement au-dessus de la moyenne britannique », souligne-t-il. De fait, selon une étude du « Financial Times » de janvier, l’écart Nord-Sud a même continué à s’accroître depuis le début de la crise il y a trois ans « en matière d’emploi, de prix du logement et de santé financière des ménages ». La production par habitant londonienne représente aujourd’hui 171 % de la moyenne nationale, contre 74 % pour le pays de Galles, la région la plus pauvre, selon cette étude.

Des divergences croissantes

La démographie laisse également paraître des divergences croissantes. Avec un peu moins de 8 millions d’habitants, Londres a vu sa population croître de 7 % entre 2000 et 2009, soit deux fois plus vite que le reste du pays, note Oxford Economics. La ville attire les jeunes et les étrangers. Ces derniers représentent 33 % de sa population, soit un doublement en vingt ans. Beaucoup estiment que les disparités régionales ont, depuis les années 1970, crû davantage au Royaume-Uni que dans les autres économies avancées. C’est peut-être aussi que très peu de villes occidentales sont devenues des villes-mondes autant que Londres.

CORRESPONDANT À LONDRES
Nicolas madelaine
CORRESPONDANT À LONDRES Les Echos

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