«Les échecs, pff… il y a des solutions à tout»

ImagePascal Meyer, patron de qoqa.ch, se raconte à Bilan

Par Patrick Delarive, homme d’affaires et chroniqueur, le 11 avril 2012

On écrit ça comment? Koka, Coca, KKA, Caca… Non, c’est QoQa. C’est bizarre comme l’esthétique du mot est décalée avec sa force! Pascal Meyer a osé. Il a osé prendre la phonétique de la marque la plus connue de la planète et rien ni personne n’a réussi à s’y opposer. Il est comme ça, ce Taureau de 32 ans. Il a une – que dis-je – des milliers d’idées à la minute; même moi je n’arrive pas à suivre! Le plus fort, c’est qu’il les réalise instantanément. C’est vrai qu’il a une machine de guerre pour le faire. QoQa est en fait plus qu’un outil, plus qu’une société, plus qu’un job, il a monté son Disneyland à lui.
Tout débute il y a quelques années. Pascal Meyer a 25 ans. Il est le plus jeune cadre dans une boîte informatique qu’il a intégrée après sa matu. C’est lors d’un voyage aux Etats-Unis qu’il découvre le concept des ventes flash sur internet. Sans complexe, il approche avec son enthousiasme inné la société en question qui ne sait pas où se trouve la Suisse et qui ne manifeste aucun intérêt. Durant le vol de retour, il ne ferme pas l’œil. Il a décidé de se lancer. A peine arrivé, il en parle à deux personnes. Son patron et un ancien prof. Du premier, il obtient non seulement le OK pour travailler sur son projet durant ses pauses, mais en plus il lui propose de faire sa compta! Avec son prof, il fait le pari qu’il va créer un buzz avec sa société sans pub, juste avec le nom. Il va gagner.

Un chiffre d’affaires multiplié par 45

Pour ceux qui ne connaissent pas qoqa.ch, il s’agit d’un site qui met tous les jours en vente un produit unique, à un prix défiant toute concurrence. Lampe de poche à 10 francs, Porsche à moitié prix, gril de table ou encore des diamants pour la Saint-Valentin. Il vend tout, Meyer, à sa communauté de 150 000 membres qui sont des «addicted» aux offres qu’ils reçoivent toutes les nuits. Pendant que ses amis achètent, lui scrute sur son iPhone l’évolution des ventes. En six ans, son chiffre d’affaires est passé de 400 000 à 18 millions de francs. Multiplié par 45… qui dit mieux? Dans les bureaux en champ de bataille où il me reçoit, ça grouille. Une vingtaine de personnes dans la trentaine semblent jouer. Je comprends aussitôt que leur première valeur est le plaisir. Le plaisir de trouver LE hit du jour, puis de tout emballer et expédier. J’aborde le sujet de l’échec, de l’épreuve. Comme tous les artistes, Meyer est un homme sensible. Il est généreux et positif. Je me demande s’il a eu le temps de vivre quelque chose de particulier. Il me parle de sa difficulté de rentrer en Suisse alémanique et en France.

La spirale du destin

Mais rapidement, c’est sur la Vie que nous nous arrêtons. Pascal sort de cinq années noires durant lesquelles la maladie a emporté sa maman de 52 ans et quatre très proches jeunes membres de sa famille. Un départ par an. STOP, ça en est trop, il faut arrêter cette spirale du destin. Très ému mais toujours aussi positif, il me dit: «J’ai vécu des choses terribles dans ma vie récente. J’ai aussi beaucoup voyagé et rencontré des gens qui n’ont rien. Les épreuves arrivent au moment où elles devaient arriver. Ce sont des coups que tu reçois, qui te disent quelque chose, qui te font grandir. Je relativise. Je suis en bonne santé. La vie est belle. Les épreuves, il faut passer à travers, on n’a pas le choix. Je ne me remettrai jamais de la mort de ma mère, mais c’est la vie. Il faut aller de l’avant. Quant aux échecs, pff… il y a des solutions à tout.» Pascal Meyer a vécu le plus dur qui soit. Par ces épreuves, il relativise tout le reste. A l’instar d’un enfant, il est dans le jeu et le plaisir en permanence. Dans la générosité, le partage et l’ouverture aussi. Cela ne l’empêche pas d’être armé d’une intelligence et d’une vivacité dans la gestion du risque hors pair qui me font penser que rien ne pourra arrêter l’ascension de ce garçon incroyable pour qui «Sky’s the limit». Le ciel justement où se trouve quelque part son cœur. Bonne quinzaine et «tranquille, le chat», comme dirait Pascal Meyer!

Crédits photos: Sabine Papilloud/EOL, Dr

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