L’attractivité du Royaume-Uni, irrésistible malgré le Brexit

BlogA l’annonce du Brexit en juin 2016, la rumeur courait que toutes les compagnies implantées au Royaume-Uni quitteraient le pays comme les rats le navire. Comme nous avions tort !  Depuis quelques mois, de nombreuses multinationales font le choix de se délocaliser à Londres. Une décision stratégique qui s’explique aisément.

Le Royaume-Uni a très rapidement compris que s’il ne voulait pas être à la dérive, il devait appâter les entreprises. Et rien de plus attractif qu’une bonne baisse de l’impôt sur les sociétés (IS). Car oui, maintenant que la Grande-Bretagne s’est émancipée suite à sa crise d’adolescence, elle est libre de faire ce qui lui plait quand il lui plait. Et en business comme à la guerre, tous les coups sont permis.

L’impôt sur les sociétés réduit de 3%

Le Premier Ministre britannique l’a bien compris : les entreprises recherchent uniquement le profit. Face à ce constat, Theresa May s’est engagée à baisser l’impôt sur les sociétés de 20% à 17% d’ici 2020. Un coup de maitre qui fait du Royaume-Uni l’un des pays les plus compétitifs au monde en terme d’IS. Cette réduction de la pression fiscale attire les grands groupes et de facto de nombreux emplois. A cela s’ajoute la baisse de la taxe des profits générés par des brevets exploitables de 12% à 10% dès 2017. Une véritable aubaine pour les sociétés spécialisées dans l’innovation et la technologie.

Le débarquement des compagnies outre-Manche

Cette stratégie récente porte déjà ses fruits. Dès 2017, la société Facebook installera son nouveau quartier général dans le secteur de Fitzrovia à Londres. Plus de 500 emplois seront créés par la même occasion : ingénieurs et commerciaux sont recherchés afin de participer au développement de Workplace, une déclinaison de Facebook réservée exclusivement aux entreprises et professionnels. Google ne redoute pas non plus le Brexit. Pour preuve, son nouveau siège, le plus grand d’Europe, accueille déjà 2 500 nouveaux employés juste à côté de King’s Cross et est en cours d’agrandissement. Un projet pharaonique ! Les 93 000 mètres carrés hébergeront, outre les bureaux, un mur d’escalade, deux piscines, un stade de foot, un minigolf, un bowling, des cours de cuisine et des salles de massage… à première vue, ce lieu de travail s’apparente plus à un camp de vacances. D’ailleurs, d’ici 2020, 3000 nouveaux emplois devraient être créés, l’occasion ou jamais de postuler !

Les grands groupes alimentaires suivent le mouvement et sont également attirés par cet éden fiscal. Ainsi, le quartier général de McDonald’s quitte le Luxembourg et s’installe définitivement à Londres. Cette vague de déménagements est un soulagement pour le Royaume-Uni, dont l’économie et la réputation se retrouvent stimulées. Moralité : la raison des Anglais est toujours la meilleure.

Vous aussi, Créez Votre Société En Angleterre!

Auriane Duroure et Angélica Tarnowska (www.lepetitjournal.com/londres)

 

ROYAUME-UNI – Les entreprises européennes toujours plus nombreuses !

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Europe’s number one business city! London offers your business the best chance of international success

Dans les semaines qui ont suivi le Brexit, le nombre de nouvelles sociétés enregistrées par des Européens au Royaume-Uni est allé en s’accroissant. 

Ceci n’est peut-être qu’une coïncidence, mais ce qui semble un paradoxe renvoie à la question que bon nombre de ressortissants Français se sont posée après le 23 juin 2016 : une fois sorti de l’Union Europe, le Royaume-Uni allait-il demeurer tout aussi attractif pour les entrepreneurs français ? Même si les incertitudes face au Brexit sont loin d’être dissipées, plusieurs pistes de réflexion incitent à penser que la réponse sera affirmative.

Créer une société au Royaume-Uni, un jeu d’enfant ! Une Ltd en 24h

Dans l’ère post-Brexit, la Grande-Bretagne ne sera plus soumise aux nouvelles régulations européennes, ce qui signifie que la création de société sera plus simple que dans les pays membres de l’Union Européenne. Avant la décision du 23 juin dernier, le Royaume-Uni était déjà, selon le classement de la Banque Mondiale intitulé ‘Doing business 2017’, le 17eme pays du monde dans lequel il était le plus facile de créer une start-up, loin devant la France en 27eme position, l’Italie en 63eme position et l’Allemagne en 114eme position.

De plus, parmi les structures de sociétés existantes au Royaume-Uni, il existe une structure appelée ‘Private Limited Company’ (ci-après dénommée ‘Ltd’), laquelle s’avère très simple dans sa création et ses règles de fonctionnement : on peut créer une Ltd en 24 heures si cela est nécessaire. Des statuts standards (‘Articles of Association’) sont fournis par le registre des sociétés britannique (‘Companies House’) ; toutefois il est conseillé de rédiger des statuts uniques, propres à l’entreprise, car ils permettent aux directeurs et aux actionnaires d’éviter des problèmes sur le long terme, contrairement à des statuts standards. La responsabilité des actionnaires est limitée à hauteur des actions qu’ils détiennent dans le capital social. Et ce dernier peut s’élever à une livre sterling ! (pas de montant minimum donc). En France, les règles concernant la création de société sont beaucoup plus rigides (pour ne citer qu’un exemple, la création de la SAS française inclut la publication dans un journal d’annonces légales, le dépôt du dossier de création au Centre de Formalité des Entreprises, l’enregistrement des statuts au centre des impôts).

Une imposition sur les sociétés très basse, des talents cosmopolites, une place financière depuis des siècles

Le taux d’impôt sur les sociétés en Grande-Bretagne va être réduit à 19 % à compter du 1er avril 2017 et 17 % à compter du 1er avril 2020. Un taux bien plus bas que dans des pays tels que la France (33,33 %). De la même façon, l’imposition sur les gains en capital est de seulement 10 % par application du système dit de l’’Entrepreneur’s Relief’, ce qui signifie qu’une start-up ici sera peu imposée sur l’éventuel gain de la revente de son activité. Enfin, Londres comprend de nombreux talents cosmopolites et attire des capitaux du monde entier, autant d’atouts pour faciliter le développement d’entreprise. Place économique et financière bien longtemps avant que le Royaume-Uni ne devienne membre de l’Union Européenne, tout laisse à penser qu’elle continuera de l’être, bien longtemps après avoir quitté celle-ci.

En bref, si même dans son discours du 21 février dernier, Emmanuel Macron, candidat à la présidence de la République française, a demandé aux Français expatriés à Londres de revenir en France, promettant de nombreuses mesures incitatives à leur égard, on se dit que le chemin est encore long avant que la France ne soit aussi accueillante aux nouvelles start-ups que le Royaume-Uni l’est aujourd’hui!

Hélène Bérard pour LPJ Londres

Nous assistons à la naissance du Royaume-Uni comme paradis fiscal!

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Le groupe de restauration rapide quitte le Luxembourg. La perspective du Brexit et les taux d’imposition faibles permettent à Londres d’attirer les entreprises.

Près de six mois après le vote en faveur du Brexit, la carte de la fiscalité mondiale est en train d’être redessinée, avec un Royaume-Uniqui met en avant ses impôts faibles. Jeudi 8 décembre, McDonald’s a annoncé qu’il déplaçait sa base fiscale internationale duLuxembourg au Royaume-Uni.

Cette annonce intervient au moment où la Commission européenne veut taxer les multinationales dans chaque pays où elles réalisent des bénéfices. Concrètement, le groupe américain de fast-food va créer une « structure unifiée » qui recevra les droits de propriété intellectuelle versés par les restaurants franchisés à travers le monde, hors Etats-Unis. « Ce sera plus simple administrativement, réduira les dépenses et augmentera la flexibilité », explique le groupe. Ses activités près de Lausanne, en Suisse, qui étaient une filiale de la structure au Luxembourg, vont fermer.

L’annonce intervient alors que le groupe est depuis décembre 2015 sous le coup d’une enquête de la Commission européenne, qui l’accuse d’avoir bénéficié d’un traitement fiscal de faveur des autorités du Luxembourg. Cela lui aurait permis « de ne payer virtuellement aucun impôt sur les sociétés au Luxembourg ni aux Etats-Unis sur ses profits », accuse Bruxelles. Le déménagement ne changera rien à l’enquête en cours et aux risques de sanction. Mais à l’avenir, il permet à l’américain d’être hors de l’Union européenne et donc de se soustraire à la possibilité d’une même mésaventure.

« Un avertissement à l’Union européenne »

« Nous sommes en train d’assister à la naissance du Royaume-Uni comme paradis fiscal », estime Richard Murphy, de l’association Tax Justice Network.

Il rappelle que l’enquête de la Commission repose sur les règles européennes, lesquelles assimilent les cadeaux fiscaux à des aides d’Etat, qui sont interdites au nom de la concurrence.

« Avec le Brexit, cela ne s’appliquera plus au Royaume-Uni. »

« Ce déménagement ressemble à un avertissement à l’Union européenne », ajoute Prem Sikka, professeur de comptabilité à l’université de l’Essex.

« Nous assistons à la naissance du Royaume-Uni comme paradis fiscal »

Pour l’instant, la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne n’est pas effective, mais Londres a clairement fléché le chemin fiscal qu’il comptait emprunter. Le gouvernement britannique a annoncé en novembre qu’il allait continuer la réduction de son imposition sur les sociétés, commencée par son prédécesseur. Alors que celui-ci était de 28 % en 2010, il est aujourd’hui de 20 % et il passera à 17 % d’ici à 2020. « C’est de loin le plus faible du G20 », se vante l’administration britannique.

Ce taux reste supérieur à celui de l’Irlande (12,5 %), mais est nettement inférieur à celui des Etats-Unis (35 %, même si Donald Trump a promis de le réduire), de la France (33 %) ou de l’Allemagne (30 %).

Officiellement, la première ministre, Theresa May, tient pourtant des propos durs contre l’évasion fiscale.

« Si vous ne payez pas vos impôts, nous vous poursuivrons, déclarait-elle en octobre lors de la conférence annuelle du Parti conservateur. (…) Qui que vous soyez, aussi riche et puissant que vous soyez, votre devoir est de payer vos impôts. »

Un « Singapour sur Tamise »

Les militants anti-évasion fiscale doutent cependant que les gestes accompagnent la parole. Les autorités fiscales britanniques sont en sous-effectifs notoires, souligne M. Sikka. De 2004 à 2015, Her Majesty Revenues and Customs a perdu le tiers de sa main-d’œuvre, avec la suppression de 30 000 emplois. Entre 2010 et 2015, il n’y a eu que onze poursuites judiciaires pour de l’évasion fiscale vers des paradis fiscaux.

Lire aussi :   Optimisation fiscale : que risque McDonald’s ?

« Le Royaume-Uni est particulièrement mauvais à faire appliquer sa loi dans ce domaine », ajoute M. Sikka.

Politiquement, Mme May est encouragée par de nombreux partisans du Brexit à baisser davantage sa fiscalité. Ceux-là rêvent d’un pays à faible imposition, ouvert sur le monde, par où passeraient les capitaux de la planète : une sorte de « Singapour sur Tamise ».

Sans forcément en arriver là, la sortie de l’Union européenne, prévue pour mars 2019,

permet au Royaume-Uni de donner des assurances aux entreprises. La fiscalité britannique ne dépend plus de potentielles nouvelles règles venues de Bruxelles.

« Il y a aujourd’hui plus de certitudes sur la fiscalité au Royaume-Uni qu’il n’y en a au Luxembourg, à cause des enquêtes de la Commission européenne », note M. Murphy.

L’annonce de McDonald’s illustre le déclin du Luxembourg comme place fiscale. « Son pouvoir d’attraction a clairement diminué », estime M. Murphy. Les accords fiscaux offerts aux entreprises appartiennent désormais au passé. Londres pourrait être le grand gagnant de ces cartes rebattues.

Eric Albert (Londres, correspondance) Le Monde.

Dominique IAKHLEF


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Londres attire toujours autant les Français

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L’ancien siège anglais de Michelin, à Chelsea, témoigne d’une présence française historique. Photo12/Alamy

Londres, sixième ville de France? L’affirmation est plus qu’exagérée. Mais la capitale britannique continue d’attirer massivement les Français, en quête d’avenir et d’ouverture. Et elle abrite nombre de success-stories tricolores.

Le mythe est là, régulièrement entretenu par les opportunismes des uns et des autres : des hordes de Français déferleraient chaque année sur la capitale britannique. Ils viendraient s’installer pour l’esprit d’entreprise anglo-saxon, pour fuir une taxation française trop lourde. Londres serait même, si l’on en croit Boris Johnson, son très charismatique maire, la sixième ville de France.

Sauf qu’il s’agit d’un mythe et que, comme tous les mythes, la vérité est bien plus nuancée. La communauté tricolore à Londres est certes importante, mais, dans une métropole internationale de 8,5 millions d’habitants, elle n’est qu’une parmi d’autres. Polonais, Indiens, Irlandais, Italiens sont plus nombreux que les Français, si l’on s’en tient au recensement de l’Office national des statistiques (ONS).

Le consulat français enregistre 122 000 inscrits pour l’ensemble du Royaume-Uni, mais l’inscription n’étant pas obligatoire, ce sont en fait environ 300 000 compatriotes qui seraient établis dans le pays, dont un peu plus de 60 % à Londres et dans sa grande banlieue.

Et non, ces Français ne sont pas seulement là pour échapper à la pression fiscale ­ les taux d’imposition sur les revenus sont sensiblement les mêmes, sauf pour les très hauts salaires, dirigeants de grandes entreprises qui trouvent avantage à résider de ce côté-ci de la Manche. Londres attire surtout pour sa proximité avec la France, son marché de l’emploi très flexible, son dynamisme et son ouverture.

A tel point que David Cameron, le Premier ministre britannique, a eu beau jeu, en 2012, après l’élection de François Hollande, de dérouler le tapis rouge aux entreprises et entrepreneurs tricolores.

La méritocratie plutôt que les diplômes

Nous sommes dans le très chic centre commercial de Westfield, à White City, dans l’ouest de la capitale. Dans la boutique flambant neuve de Devialet, les murs sont blancs, la musique suave. Ça et là, de beaux objets clairs et chrome, aux allures de casques de cosmonautes ou de coco de mer, vibrent au rythme des décibels. Ce sont des enceintes très haut de gamme, imaginées, conçues et vendues par la société française Devialet. Joachim Fritsch, 25 ans, est un nouveau Français de Londres.

Il s’y est installé voilà un an, en charge du développement de l’entreprise pour le Royaume-Uni. Il dirige aujourd’hui une équipe de 15 personnes, a ouvert en décembre un stand dans le grand magasin de luxe Harrods, et, en principe, posera ses beaux engins ce printemps dans les magasins Apple. « C’est un rêve entrepreneurial », explique Quentin Saunié, cofondateur de Devialet. Et ce sont ces rêves français que Londres accueille en masse.

institut-francais_5729725File à l’institut français pour le vote lors de l’élection présidentielle française de 2012. AFP

Un taux de chômage très bas ­ 6,4 % ­, une population internationale, un accent mis sur la méritocratie plutôt que sur les diplômes et une discrimination à l’embauche ­ notamment en raison des origines ­ très peu présente, sont autant de facteurs attractifs pour les Français, particulièrement les jeunes. On est loin du cliché du city boy, débarqué avec femme, enfants, et gros package, pour travailler dans la finance. Bien entendu, ces Français-là sont présents, mais pas forcément en majorité.

Les entrepreneurs et les patrons sont aussi très représentés. Benoît Buridant, cofondateur de French Founders, un club exclusif d’entrepreneurs français, né à New York en 2014, vient d’ouvrir une antenne à Londres, parce que « le besoin se faisait sentir ». Une cinquantaine de membres, fondateurs de start-up, CEO d’entreprises, sont déjà inscrits. « L’idée est de s’entraider, de gagner du temps lorsqu’on veut travailler sur un nouveau marché à l’étranger », explique Benoît Buridant.

En fait, « nos compatriotes affichent une grande diversité de situations et de profils. C’est une vraie force d’avoir une communauté française aussi importante qui contribue à l’influence de la France dans tous les domaines », explique Sylvie Bermann, ambassadeur de France au Royaume-Uni. Cette population est plutôt jeune ­ elle a entre 18 et 40 ans ­, très mobile, bien diplômée et trouve relativement facilement un emploi ­ les trois-quarts sont actifs, selon le recensement de l’ONS, réalisé en 2011. Une bonne moitié des Français établis à Londres travaillent dans l’éducation, la santé ou l’administration publique, mais aussi dans la finance ou l’immobilier. Quelque 22 % exercent une activité dans l’hôtellerie ou la restauration.

Depuis une dizaine d’année, Anne Faure, présidente de la Fédération des associations françaises de Grande-Bretagne (FAFGB), constate « un net rajeunissement parmi les Français de Londres » et surtout voit « de plus en plus de femmes actives, diplômées ». La FAFGB est aussi un reflet de la diversité de la communauté française. Une cinquantaine d’associations, caritatives, éducatives, professionnelles et même régionales, s’y retrouvent dans un forum d’échanges incessants. « C’est souvent le premier point d’ancrage lorsqu’on arrive », explique Anne Faure.

Même s’il n’est guère compliqué de s’intégrer à Londres pour un Français. Les organisations, sites, associations d’entraide, de conseils et autres « bons plans » sont légion. La communauté tricolore a sa télévision, sa radio « French Radio London », ses journaux ­ Le Petit Journal, L’Echo ­, des églises, des centres médicaux. « C’est bien plus facile aujourd’hui de s’installer et de s’intégrer, au risque parfois de rester dans un milieu un peu trop franco-français », note Stella Bataille.

La jeune femme est arrivée à Londres en 1989. Avec un mari anglais, son expérience n’a pas été celle de l’expatriée typique. « Surtout qu’à l’époque, il n’y avait pas grand chose pour les Français ». Elle confie aimer ce milieu londonien, international, « très ouvert, très respectueux des libertés individuelles ». En arrivant, elle a commencé à travailler comme professeur de français et s’est prise de passion pour l’enseignement aux enfants. En 1993, elle fonde le Club Petit Pierrot qui offre, par immersion complète, le samedi matin en général, des cours de français de 8 mois à 8 ans, à des petits Britanniques mais aussi à des Allemands, des Russes, des Italiens, des Libanais. L’ap prentissage du français reste prisé, « c’est encore considéré comme une langue prestigieuse et il y a un véritable intérêt pour la culture française », explique Stella.

L’école française et, en premier lieu, le Lycée français Charles de Gaulle, reste bien entendu une référence, un point de ralliement d’une partie de la communauté française. Situé dans le quar tier central de South Kensington, il partage le même pâté de maison que le consulat et l’Institut français. « Un peu plus de 6 000 élèves sont inscrits au Lycée, entre le primaire, le collège et le lycée, souligne son proviseur, Olivier Rauch, mais l’immense majorité des enfants français est scolarisée ailleurs. » Les écoles françaises restent tout de même un facteur pour le choix des logements. De moins en moins de Français habitent South Ken habitent South Kensington, où le prix de l’immobilier atteint des sommets vertigineux. « La population s’est étalée en cercles concentriques », note Olivier Rauch. Plutôt vers l’ouest et le sud, là où se trouvent des écoles primaires françaises.

Le Lycée français reste le coeur de la communauté

Co-auteur d’un très bel ouvrage paru en 2015 pour célébrer le centenaire de la fondation du Lycée français Charles de Gaulle de Londres, Olivier Rauch s’est plongé dans les archives. « Dans les années 1950 et 1960, le Lycée a attiré toute une série de classes sociales dites « intellectuelles », des peintres, des artistes, des écrivains… tous anglais. Dans une société britannique encore imprégnée de l’époque victorienne, un lycée où on parlait français, où il n’y avait pas d’uniformes, où la mixité était la règle, où les châtiments corporels étaient inexistants, c’était très séduisant », raconte-t-il.

Olivier Rauch est catégorique, l’afflux des Français n’est pas particulièrement massif ces dernières années. « C’est plutôt un flux continu, il y a eu beaucoup d’arrivées dans les années 1990, l’Europe connaissait alors une forte croissance, il y avait un regain puissant de la finance, on recherchait des talents français », explique-t-il. Les listes d’attente des dernières années pour entrer au Lycée seraient davantage liées à un manque de place et à des classes d’âge nombreuses qu’à des arrivées massives. « Alors que les Britanniques qui vont s’installer en France sont souvent des retraités, les Français qui viennent au Royaume-Uni sont généralement des trentenaires ou quadra en famille », souligne Olivier Rauch.

Depuis l’ouverture du Collège français bilingue de Londres (CFBL) en 2011, à Kentish Town, dans le nord-est de la capitale, et surtout celle du Lycée international Winston Churchill à Wembley, dans l’ouest, inauguré en septembre 2015 par le président François Hollande, l’appel d’air fonctionne et les listes d’attente sont sur le point de disparaître. Aujourd’hui, 87 % des élèves scolarisés sont français, dont 17 % de Franco-Britanniques. « Pour une partie de la société française à Londres, le Lycée reste le coeur de la communauté », explique Olivier Rauch.

Avec des résultats exceptionnels, il est aussi « de plus en plus une référence en Angleterre. De plus en plus d’universités de prestige accueillent nos bacheliers, qui choisissent, à 60 %, de poursuivre leurs études supérieures au Royaume-Uni », ajoute-t-il. Pour la rentrée 2016, pas moins de treize élèves ont ainsi reçu une offre des universités d’Oxford ou de Cambridge, du jamais vu. Et c’est bien là probablement la caractéristique la plus nouvelle des expatriés français de Londres : ils rentreront peut-être un jour en France, mais leurs enfants, eux, sont bien partis pour rester.

Par Sonia Delesalle-Stolpler L’Express Tendances

Brexit : la Grande Bretagne envisage de devenir un paradis fiscal

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Le ministre britannique des Finances George Osborne prévoit en effet d’abaisser l’impôt sur les sociétés en-dessous de 15%, de manière à concurrencer l’Irlande sur son propre terrain. L’Angleterre deviendrait un sérieux paradis fiscal outre-manche.

Le Financial Times explique que le chancelier de l’Echiquier veut ainsi limiter les conséquences économiques du Brexit. George Osborne, qui espère succéder au démissionnaire David Cameron comme Premier ministre, a déclaré qu’il souhaitait bâtir une « économie super compétitive » basée sur une faible imposition des entreprises et la conquête de nouveaux marchés. Autrement dit le ministre entend pratiquer le dumping fiscal et concurrencer ainsi l’Irlande sur la question de l’impôt sur les sociétés (IS).
Baisser l’IS sous les 15 % contre 28 % depuis 2010, mènerait le Royaume-Uni au niveau des paradis fiscaux européens, au premier rend duquel l’Irlande donc, qui s’est fait une spécialité de domicilier les filiales des grands groupes en Europe (Apple, Microsoft, Google…).

Pour le ministre des Transports irlandais, l’annonce d’Osborne est « une tentative évidente » pour attirer les investisseurs et les convaincre de quitter l’Irlande. « Si le chiffre descend jusqu’à 12,5% dans le Royaume-Uni, cela serait une menace pour nous et nous devrons prendre les mesures pour nous adapter en conséquence », a dit Shane Ross, un ministre indépendant.

Les Pays-Bas aussi, qui ont une place de choix dans le cœur des multinationales grâce à leur exemption d’imposition sur la propriété intellectuelle, se sente aussi menacés. Ils ont également annoncé qu’ils allaient revoir leurs taux d’imposition pour demeurer attractifs. « C’est une chose à laquelle nous pensons au regard de l’avenir », a dit un porte-parole du ministère néerlandais des Finances. « Nous souhaitons lutter contre l’évasion fiscale mais nous devons également penser à notre climat d’investissement ».
La moyenne de taux d’imposition sur les sociétés des occidentaux est supérieure à 25 % et est de 33 % en France, 30 % en Allemagne. La Grande-Bretagne envisage dans un premier temps de passer l’IS à 17% d’ici 2020 et de poursuivre la baisse sous les 15 %.

L’Organisation pour la coopération économique et le développement (OCDE), le dit : une nouvelle baisse de la fiscalité des sociétés au Royaume-Uni aboutirait « à une économie du type de celle d’un paradis fiscal ».

HUMANITE.FR !

 

Les services proposés chez Cubink

London

Nos services sont destinés aux entrepreneurs et aux PME Francophones implantés ou souhaitant s’implanter au Royaume-Uni. Quel que soit votre activité et votre chiffre d’affaires, nous sommes en mesure de vous proposer un package fonctionnel, sur-mesure, tout-en-un et clé en main afin que vous puissiez vous concentrer pleinement sur le cœur de votre activité.

Création de société

VOTRE SOCIÉTÉ LIMITED INCORPORÉE DANS LA JOURNÉE

L’équipe de Cubink est là pour vous accompagner pendant toute la phase de création de votre société : quelque soit la nature de votre activité, votre chiffre d’affaires et vos exigences, nous vous conseillons dans le choix de votre structure et nous effectuons pour vous les démarches de création. Les démarches sont extrêmement rapides en Angleterre, et une société à responsabilité limitée (une Limited company) est créée dans la journée. Nous incorporons également des structures plus complexes (Limited Liability Partnership) et pouvons vous assister dans l’enregistrement de plusieurs statuts d’indépendants.

Domiciliation de votre société

SIÈGE SOCIAL, BUREAU VIRTUEL, ET SECRÉTARIAT EXTERNALISÉ

Dès la création de votre société, nous domicilions le siège de votre structure à notre adresse et cette adresse sert à toute la communication officielle avec les autorités administratives et fiscales au Royaume-Uni. Nous sommes flexibles sur le mode de redirection du courrier ainsi que sur la possible utilisation de notre adresse comme adresse commerciale, et nous trouvons avec le client une solution sur-mesure correspondant à ses besoins. Nous pouvons également vous fournir bureaux, numéros de téléphones avec réexpédition, numéros de fax, et services de secrétariat externalisé sur demande.

Ouverture de comptes bancaires

VOTRE COMPTE PROFESSIONNEL EN ANGLETERRE OU AILLEURS

Grâce à notre réseau et à notre expérience, nous pouvons ouvrir des comptes bancaires dans de nombreux pays d’Europe. Le système bancaire au Royaume-Uni est très performant, même pour les clients qui facturent et travaillent en euros : les plus grosses banques proposent des extensions de comptes en euros très fonctionnelles. Il est préférable de se déplacer à Londres pour l’ouverture de votre compte afin de faciliter les démarches et de personnaliser la relation bancaire mais si vous rendre à Londres vous est compliqué nous pouvons également procéder à l’ouverture à distance. L’ouverture d’un compte au Royaume-Uni est obligatoire si vous souhaitez enregistrer votre société à la TVA.

Enregistrement à la TVA

VOTRE NUMÉRO DE TVA BRITANNIQUE SOUS QUELQUES SEMAINES

Toute société (que cela soit une société de personnes ou une société de capital) Britannique réalisant plus de 82,000 livres sterling de chiffre d’affaires taxable est tenue de s’enregistrer à la TVA au Royaume-Uni. Nous prenons en charge l’intégralité des démarches, qui peuvent prendre plusieurs mois. En effet, le numéro de TVA n’est pas automatique et n’est jamais un acquis : HMRC procède à des vérifications avant d’immatriculer une société et vous pouvez le perdre à tout moment en cas de retard des déclarations, ainsi il est extrêmement important d’avoir une comptabilité tenue à jour et soumise en temps et en heure.

Suivi administratif

ANNUAL RETURN, CHANGEMENT DE STATUTS, AUGMENTATION DE CAPITAL…

Une société Anglaise a des obligations administratives bien précises. Annual Return, director’s report, sont autant d’obligations dont le non respect peut entrainer la dissolution de votre société. Cubink vous garantit le strict respect de toutes ces obligations et de toutes les dates butoirs auxquelles votre société est soumise administrativement parlant. En plus de ces obligations, Cubink est là pour vous accompagner dans toutes les modifications de statuts que vous pourriez souhaiter apporter à votre structure : changement de nom, changement de siège social, changement d’actionnaire, modification d’activité…

Bookkeeping

TOUTES VOS PIÈCES COMPTABLES SAISIES NUMÉRIQUEMENT

Cubink assure toute la tenue des livres comptables dès l’incorporation de votre société. Nous archivons tout en ligne, et là encore nous fonctionnons sur mesure : chaque client a ses habitudes, que nous respectons. Nous recommandons un envoi mensuel des pièces comptables de votre société, afin que leur saisie ne retarde pas la production des déclarations à soumettre à l’administration fiscale Anglaise. Nous sommes flexibles sur le mode d’envoi et de stockage : courrier, scan, remise en main propre, nous trouvons toujours une solution en accord avec vos exigences et vos obligations. La tenue de comptabilité est effectuée à 100% à Londres, et nous ne sous-traitons rien à l’étranger.

Comptabilité

DÉCLARATIONS DE TVA ET BILAN DE FIN D’EXERCICE

Le modèle et les principes comptables Anglais, bien que souples et pleins de bon sens, demande une tenue de comptabilité rigoureuse. Ainsi, les experts comptables de Cubink vous garantissent un strict respect de toutes vos obligations comptables au Royaume-Uni. Si votre société est enregistrée à la TVA, les échéances sont trimestrielles, et à la fin de chaque période nous préparons avec vous la déclaration de TVA que nous soumettons uniquement lorsque nous avons votre validation. En fin d’exercice, nous préparons également votre bilan de fin d’année dans son intégralité (annual accounts), que nous soumettons une fois que vous estimez que le résultat est représentatif de votre activité sur l’exercice en question.

Gestion de payroll

GESTION COMPLÈTE DE VOS EMPLOYÉS EN ANGLETERRE ET À L’ÉTRANGER

Vous souhaitez employer en Angleterre ou vous salarier de votre propre société ? Cubink effectue toutes les démarches pour votre société. Nous pouvons immatriculer votre société comme employeur au système PAYE (Pay As You Earn), et ensuite gérer dans son intégralité le processus d’édition de fiche de paye et de calcul des cotisations sociales et patronales auxquelles votre société, vous ou vos employés sont soumis. Si vous résidez hors Royaume-Uni, nous pouvons également vous proposer des solutions de salariat en personnel déplacé, à étudier en fonction de votre situation personnelle et de votre pays de résidence.

Conseil fiscal

TROUVEZ LA SOLUTION LA PLUS AVANTAGEUSE

Chaque client est différent, et de multiples critères plus personnels entrent en compte dans le design du package de services le plus adapté à votre situation. L’équipe de Cubink est là pour vous conseiller dans vos choix fiscaux tout au long de notre collaboration avec vous, notamment pour trouver la meilleure articulation entre la fiscalité de votre société Anglaise et votre fiscalité personnelle, et ce quelque soit votre pays de résidence. Si besoin, nous faisons intervenir un fiscaliste plus spécialisé dans la fiscalité des personnes physiques dans votre pays de résidence, afin de trouver le meilleur montage en prenant en compte toutes les caractéristiques de votre situation.

Développement commercial

LANCEZ VOTRE PRODUIT OU VOS SERVICES AU ROYAUME-UNI

Vous souhaitez développer une activité existante au Royaume-Uni ? Vous avez un projet mais vous hésitez à vous lancer ? L’équipe de Cubink est là pour vous accompagner dans la mise en place de votre projet et votre développement commercial au Royaume-Uni. Service ultra-personnalisé, cette assistance peut prendre plusieurs formes : étude de marché, recherche de partenaires et de clients potentiels, accompagnement lors de rendez-vous d’affaires, aide à la prospection, formation et accompagnement de vos commerciaux… Chaque projet nous intéresse et de par notre implantation à Londres et la pluralité des domaines de compétences de notre équipe nous sommes le cabinet idéal pour vous assister pas à pas dans le lancement ou le développement de votre activité.

 

 

Brexit : keep calm and carry on !

Après la gueule de bois, l’analyse. Pour Mathieu Laine, on peut compter sur le pragmatisme britannique pour faire de ce mauvais coup une opportunité!

M. Laine

Vu de Londres, le réveil, avouons-le, fut sacrément douloureux en ce 24 juin 2016. La veille, nous nous étions couchés tard, mais on ne peut plus confiants. Les sondages, les marchés, et même les marchés prédictifs – pourtant réputés parmi les meilleures techniques de prédiction actuellement disponibles – étaient au beau fixe. Personne n’aura donc vu venir le Brexit. Pas même ses partisans, qui assumaient en privé leur défaite en espérant un score serré pour peser sur l’avenir de leur parti.

Passés le choc, la stupeur et la tristesse de ceux qui, sincèrement, se sont battus outre-Manche pour que la perfide Albion joue collectif, l’heure est venue de questionner le plus sereinement possible la panique ambiante.

Si l’on peut comprendre l’inquiétude de ceux dont la fortune se compte en livres sterling et de ces entreprises anglaises commerçant principalement avec l’Europe, l’insécurité inhérente à ce saut dans l’inconnu se transformant, à court terme, en effondrement relatif de la monnaie britannique, en inflation et en recul boursier ; si l’on peut légitimement interroger l’avenir de l’Europe face à une potentielle épidémie de référendums autrement plus angoissante qu’une sécession isolée ; si le populisme et la peur des migrants comme le vote de repli des anciens expliquent malheureusement le succès du « Leave » ; et si, Français heureux de vivre en famille à Londres, je sens le sourire sarcastique de certains « amis » de mon si cher pays d’origine et j’entrevois, derrière quelques mines réjouies, si ce n’est de la satisfaction, du moins l’espoir d’une opportunité pour Paris ou Berlin, j’inciterais volontiers à se garder de tout mouvement de panique.

Car tout va dépendre, en réalité, non de cette décision historique, mais de la stratégie économique adoptée par nos amis britanniques en son lendemain. Si la politique politicienne devait primer, invitant le royaume à se replier sur lui-même sous l’influence malsaine et suicidaire de Ukip, ce serait, en effet, une catastrophe.

Opportunité

Mais si, comme cela semble bien plus probable, le futur Premier ministre – Boris Johnson, qui n’a jamais caché son amour pour Margaret Thatcher, ou un autre – s’efforce, comme me l’ont soufflé des parlementaires britanniques pro-Brexit, membres influents du Parti conservateur, non de faire fuir les plus riches et les plus entreprenants, mais de les rassurer bien vite, de les choyer et d’en attirer d’autres, en jouant d’incitations fiscales et règlementaires infiniment plus séduisantes que les membres de l’Union européenne, l’ironie vengeresse de certains continentaux, où une sous-réforme plie chaque jour davantage devant les moustaches menaçantes de la CGT, pourrait se briser sur le pragmatisme « pro-business » londonien. Car libérés de certaines contraintes bureaucratiques effectivement excessives, portés par un élan authentiquement démocratique invitant Cameron à démissionner et à ne jamais plus revenir devant les électeurs (quelle leçon !), et débarrassés d’un risque d’appel en garantie des irresponsabilités criantes d’États membres aussi peu réformistes que dispendieux, les Britanniques pourraient transformer un choix infiniment attristant en opportunité.

Cela ne nous empêchera pas de regretter leur influence positive sur les futures orientations européennes, de nous inquiéter d’un mouvement potentiel en faveur d’un vaste et grand marché, ouvert à l’Amérique et à l’Asie, mais se fermant en partie à sa zone d’influence naturelle, et de nous interroger sur le maintien de la paix, premier trésor de l’Union des nations européennes.

Enterrer trop vite le Royaume-Uni au lendemain du Brexit n’a toutefois aucun sens. La Suisse, dotée de moins d’atouts, a su se développer sans être membre de l’Union européenne. Gageons que nos amis anglais sauront, après une évidente gueule de bois, entrer en résilience et transformer ce largage en modèle de croissance jusqu’à imaginer avec le reste de l’Europe un accord de libre échange ad hoc dont nous tirerons tous profit.

Mathieu Laine est président d’Altermind France et d’Altermind UK. Il codirige Hypermind, enseigne à Sciences-Po et vient de publier le Dictionnaire amoureux de la Liberté (Plon) dans lequel on retrouvera un portrait de Boris Johnson.

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Dominique IAKHLEF

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